Le réseau Grues France

Grâce au Réseau Grues France, vous pouvez suivre la migration des Grues cendrées sur ce site.
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Depuis 1995, le Réseau Grues France, coordonné par la LPO Champagne-Ardenne, rassemble une cinquantaine d'associations. Il permet de suivre au jour le jour la migration de ces oiseaux et de mieux comprendre leur spectaculaire voyage.
 
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 Photo Diane Castanet
Les photos illustrant cette page sont de Diane Castanet
 

" Un billet aller-retour " pour un voyage à travers l’Europe

De tout temps, la migration des Grues cendrées a rythmé les saisons des hommes. Leurs " grou-grou " caractéristiques annoncent leur arrivée. De la Suède à la Péninsule Ibérique en passant par la France, les Grues traversent notre continent deux fois par an : vers leurs zones d’hivernage à l’automne puis vers leurs sites de nidification au printemps. Après l’élevage des jeunes dans les tourbières de la forêt scandinave, des milliers de Grues se rassemblent pendant les mois d’août et septembre sur les îles et les côtes sud de la mer Baltique. A partir d’octobre, quand la nourriture devient plus difficile à trouver, les départs vers le sud interviennent massivement, en deux, voire trois grosses vagues. C’est le début de la longue route trans-européenne les conduisant vers l'Espagne, lieu d'hivernage classique. Mais de plus en plus, la France accueille des hivernantes (Champagne et Aquitaine).

Dès février, la migration reprend en sens inverse. Pressées par l’instinct
de reproduction, les Grues repartent rapidement vers le nord. Le retour est plus rapide mais tout aussi spectaculaire.

L’ultime étape avant la dispersion sur les sites de nidification est le lac d’Hornborga en Suède.

 

Le Réseau Grues France : des observateurs aux aguets

Complexe et mystérieuse, cette migration est suivie depuis quelques années par les observateurs du Réseau Grues France. Pour les membres du réseau, les grands coups de clairon des Grues annoncent une période intense d’émerveillement et de suspense. Mis en place en 1995 par la LPO Champagne-Ardenne, le réseau regroupe la trentaine d’associations présentes tout au long du couloir de migration. Le réseau prend toute sa dimension grâce aux échanges avec des organismes étrangers en Allemagne et en Espagne.

Lors des gros passages migratoires, c’est l’effervescence dans les bureaux champardennais. Téléphone, fax, e-mail sont mobilisés. Un dispositif sans failles a été élaboré afin de mieux anticiper les mouvements migratoires et de s'alerter lors d'arrivées ou départs massifs de Grues.

 Premier mouvement, première alerte

Un exemple : le 8 novembre 1998, 2 600 Grues sont comptabilisées au départ de leur dortoir du lac du Der. Pendant ce temps là, en Allemagne, des rassemblements massifs dans le nord du pays laissent présager des départs imminents...Photo Diane Castanet Effectivement, une déferlante d’oiseaux s’abat sur le lac du Der. Arrivant par vols ininterrompus pendant toute la journée du 8 novembre, plus de 15 000 oiseaux stationnent sur le lac en fin d’après-midi. Les arrivées se poursuivent pendant la nuit. Le lendemain, 20 000 individus quittent le dortoir au lever du jour, tandis que 2 500 oiseaux allemands viennent grossir les effectifs, sans compter les vols non-stop. Le 11 au matin, 21 500 Grues quittent le lac. Pour cette première vague d’oiseaux, c’est le moment de mettre le cap vers le sud. Au fil de la journée, de nombreuses observations confirment ces départs : 7 000 Grues vues dans l’Yonne, 9 à 13 000 dans la Nièvre (info SOBA Nature Nièvre), 7 000 dans le Cher, 6 000 dans l’Indre (info Indre Nature), plus de 2 000 dans l’Allier et près de 15 000 au dessus de Limoges (info FLEPNA, SEPOL). Les oiseaux arrivent en Aquitaine de façon plus diffuse mais, au soir du 11, il y a près de 20 000 Grues au dortoir d'Arjuzanx. L'alerte progresse en direction des observateurs pyrénéens et espagnols.

Dans le même temps, en Allemagne du Nord les départs continuent, des vols sont repérés tout au long du couloir et en Champagne-Ardenne les fax n’en finissent pas de crépiter...

 

Où le terme " réseau " prend sa véritable signification

Tout au long de la saison de migration, départs et arrivées se succèdent à un rythme très soutenu. Ainsi à l’image de cette première vague fort mouvementée, toutes les observations de vols de Grues sont centralisées par les associations locales et retransmises à la LPO en Champagne-Ardenne, coordonnateur national. Outil de communication indispensable entre les associations participantes, une synthèse nationale est éditée chaque année faisant le bilan de la migration précédente. Le fonctionnement d’un tel réseau permet aussi d’assurer un relais d'information régulier et fiable auprès du public et des médias fortement intéressés. Il permet également de rassembler les observations de Grues baguées dans le cadre d'un programme scientifique international et d'y collaborer pleinement.

 

Le réseau Grues France, c'est :

Près de 1800 observations analysées par an.

 

Une cinquantaine d’organismes couvrant l’ensemble du couloir de migration (voir carte ci-contre)

Les membres du réseau Grues France

 

Des contacts fructueux avec plusieurs associations à l’étranger : Kranich-Informationszentrum en Allemagne, SEO/BirdLife, SEO/ARAGON et ALLUCANT, ADENEX en Espagne et Swedish Crane Working Group en Suède..

Tout au long du Réseau, communiquez vos données : votre participation est une chance pour que les Grues cendrées soient mieux connues et mieux protégées !
 

La Champagne-Ardenne au cœur de la migration

Photo Diane CastanetTrès attractifs, les grands lacs concentrent de 60 000 à 120 000 migratrices à chaque passage. Les Grues y trouvent tranquillité sur les îlots et nourriture abondante dans les champs alentour. De plus, depuis quelques années, bon nombre d’oiseaux choisit d’y hiverner : 8 700 individus pendant l’hiver 98-99, 19 300 en janvier 2002 mais 2 500 à 3 000 en 2004 et 2005.
Le lac du Der est ainsi l’un des trois principaux sites français de stationnement avec Arjuzanx et Captieux en Aquitaine, région dans laquelle 20 000 à 50 000 grues hivernent habituellement.

 

Des mesures agri-environnementales en diminution.

Les mesures agri-environnementales qui existaient en Champagne Ardenne venaient s’inscrire dans la ligne de protection de la grue et de ses sites de stationnement. Elaborées en concertation avec la profession agricole, elles laissaient une nourriture accessible aux Grues (pas de labours sur les chaumes de maïs avant le 15 décembre ou le 15 mars, préservation des prairies). En compensation, les agriculteurs souscrivant à ces pratiques recevaient une aide financière (crédits français et européens). Le suivi de ces zones d’alimentation (près de 1500 hectares contractualisés) était assuré par la LPO. Ces mesures n'ont pas été pérennisées.
Les Contrats d'Agriculture Durable (CAD) les ont remplacées en 2003. Ce nouveau dispositif ne répond malheureusement pas aux mêmes objectifs et les surfaces contractualisées ont fortement été réduites.

Information et sensibilisation

De nombreux produits d’animations ont été mis en place autour du lac du Der où le spectacle grandiose des levers et couchers des Grues attire chaque année de nombreux admirateurs venus de toute l’Europe. Week-ends, journées Der,  et accueils le long des digues du lac assurés par des bénévoles permettent à un large public de découvrir ces formidables échassiers.

Ainsi, la conciliation Grue - Agriculture - Tourisme que la LPO a initiée et la forte implication de ses bénévoles (près de 900 heures consacrées cette saison au suivi des oiseaux et à l'accueil du public) font qu'aujourd'hui elle est devenue l'interlocuteur privilégié des agriculteurs et joue un rôle touristique incontestable. Elle participe ainsi à sa manière au développement local durable de la région. Un exemple à suivre, déjà engagé en Aquitaine.

Où voir les Grues en France ?

Des vols de Grues peuvent être observés d'octobre à décembre et en février-mars dans toutes les régions du couloir de migration (Lorraine, Champagne-Ardenne, Bourgogne, Centre, Limousin, Auvergne, Aquitaine).

De plus, quelques sites favorables accueillent régulièrement plusieurs milliers d’oiseaux.
En Aquitaine, les Grues fréquentent les Landes de Gascogne.
Mais c’est en Champagne-Ardenne, sur le lac du Der-Chantecoq que leur observation est la plus spectaculaire et la plus aisée.

- Lac du Der-Chantecoq,
contact ,
(tél : 03.26.72.54.47)

- Captieux et site de gagnage d'Arjuzanx (Solferino-Platiet) en Aquitaine,
Contact LPO Aquitaine
(tél : 05.56.91.33.81)


Localisation des principaux sites français d'hivernage

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