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La rave-party de 2005 et ses conséquences. |
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Une fois de plus le savart de Marigny
(Marne) a été en 2005 le théâtre d’une rave-party, l’une des plus
importantes jamais organisées en France avec plus de 100 000 personnes
attendues. Une manifestation du même genre avait déjà été organisée sur ce site en 2001 et 2003. Cette fois encore elle est autorisée par les pouvoirs publics |
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Les associations de la nature alertent l'opinion publique. Communiqué de presse : version Word ou version pdf |
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| 27 avril 2005 | Le cabinet Huglo-Lepage est saisi pour faire un recours en urgence contre la décision de l'Etat d'autoriser la tenue de la rave-party à Marigny. Plusieurs associations portent plainte auprès du tribunal administratif. | ||||
| 28 avril 2005 Un Préfet qui n'autorise pas, mais n'interdit pas |
Les représentants de 6 associations de protection de la nature de Champagne
Ardenne (CPNCA, LPO CA, CLE, MOP, Avancée Nature, Nature et Avenir) sont reçues par le Préfet de Châlons en Champagne. Le Préfet nous informe qu'il n'a pas donné d'autorisation, mais qu'il n'a pas interdit celle-ci (bêtement, nous pensions que ne pas interdire équivalait à autoriser. Il semble que ce soit différent pour ce représentant de l'Etat). Le Préfet fait ensuite les propositions suivantes : |
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Dans l'après midi, les représentants du Conservatoire du patrimoine de
Champagne Ardenne et de la LPO Champagne Ardenne était présents sur le
terrain pour dénoncer le choix de Marigny pour la tenue de la rave-party. En fin d'après midi, le cabinet Hugo-Lepage nous informait que notre recours au Tribunal serait examiné le lendemain. |
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| 29 avril 2005 Une grande victoire juridique
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Le matin audience au Tribunal Administratif de Châlons en Champagne. 5
associations (CPNCA, LPO CA, CLE, FNE, ENF) attaquent en référé la décision
du Préfet. La délibération est mise en différé jusqu'au soir. Dans la soirée, les décisions tant attendues arrivent : - en ce qui concerne le référé suspension : le Tribunal ordonne la suspension de l'autorisation tacite de rave-party. Injonction est donnée au Préfet de prendre toute mesure utile pour empêcher la poursuite de la Rave. Dossier de presse (au 29/04/05) version pdf |
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1 ère jurisprudence en matière d’application de la Charte de l’environnement dans une décision de justice administrative |
- Dans le cadre du référé-liberté déposé par le Conservatoire du Patrimoine
Naturel de Champagne-Ardenne, la Ligue de Protection des Oiseaux et la
Fédération des Conservatoires d’Espaces Naturels contre l’Etat demandant de
prendre toute mesure utile pour interdire l’organisation du Teknival sur le
site de l’aérodrome de Marigny (51) reconnu pour sa valeur environnementale,
le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne s’est pour la première
fois appuyé sur la Charte de l’environnement récemment adossée à la
Constitution. C’est la première fois qu’une décision de justice administrative s’appuie sur ce texte à valeur constitutionnelle qui érige notamment au rang de liberté fondamentale « le droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé ». Cette décision faisant jurisprudence,
elle confirme les attentes et les espoirs de la société en matière de prise
en compte de l’environnement dans les décisions de l’Etat et
représente d'après notre avocat une révolution de la
jurisprudence. |
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Les chenilles au secours de la biodiversité |
En fin de journée, lors que la presse s'attendait à ce que le préfet de la Marne indique
comment il allait procéder pour mettre fin à la rave-party, il annonce qu'il demande l'arrêt
du Teknival à cause d'une invasion de chenilles urticantes (Euproctis
chrysorrhoea ou Le Cul-brun). Celles-ci
seraient responsables de près de 100 cas d'urticaire dont certains graves,
de cris d'asthme... Cet arrêt est donc rendu indispensable pour éviter des
problèmes sanitaires graves (communiqué
de l'AFP).
Merci les chenilles... Dans la soirée des milliers de raveurs continuent d'affluer vers le site et sont bloqués à quelques kilomètres de Marigny, créant une pagaille gigantesque. |
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30 avril 2005 Un Préfet incapable de faire appliquer son arrêté |
Comme il fallait s'y attendre, le Préfet a été incapable de faire appliquer
son arrêté. Les raveurs sont passés malgré les barrages et dans la matinée,
ces barrages ne filtrent plus rien. Le préfet viole ainsi son propre arrêté
ordonnant la fin de la manifestation en laissant entrer toutes les personnes
qui le souhaitent. Tout ceci ne serait pas arrivé si le Préfet avait eu le courage de refuser la tenue de ce Teknival sur ce terrain proposé pour être classé Natura 2000.. Il paie ainsi les conséquences de sa "non décision" (il n'a pas rappelons le, autorisé la rave, mais ne l'a pas non plus interdite). Nous rappelons que nous ne sommes pas opposés aux rave-party, et que, comme nous l'avons écrit dans un trac distribué aux raveurs à l'entrée (à la demande des organisateurs), "nous sommes prêts à travailler avec les organisateurs du Teknival et les pouvoirs publics pour trouver ensemble des espaces permettant de vous accueillir sans pour autant porter atteinte à la biodiversité". Le Teknival continue, malgré son interdiction (communiqué de l'AFP) |
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| 2 mai 2005 |
Les dernier festivaliers quittent
la zone en fin de matinée, parfois par la force. C'est l'heure des premiers bilans. Comme on pouvait s'y attendre, des dizaines de milliers de personnes faisant la fête pendant 4 jours sur un site naturel sensible, cela ne peut qu'être catastrophique : piétinement du sol, dérangement des oiseaux (abandon des nids), monceaux d'ordures à évacuer, débris divers jonchant le sol (et nécessitant un nettoyage lui aussi dévastateur pour la flore). |
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3 mai 2005 |
Les associations de protection de la nature portent plainte auprès de la Commission européenne pour non-respect du droit communautaire. | ||||
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5 mai 2005 |
De nouvelles menaces sur le
site de Marigny. Le député Philippe Martin après avoir rencontré le maire de Gaye, commune sur laquelle se trouve une partie du site de Marigny est intervenu auprès de Madame Alliot-Marie ministre de la défense, propriétaire du terrain militaire. Madame la ministre déclare qu'elle n'est pas opposée à la cession d'une partie de l'aérodrome au profit de la commune de Gaye. Cette commune projette en effet d'y installer des éoliennes. Cette position est en contradiction flagrante avec les promesses faites par le Préfet de la Marne lors de notre rencontre du 28 avril et renouvelées il y a seulement 3 jours. Promesse électorale de Madame la ministre à quelques jours du référendum ou volonté délibérée de violer une nouvelle fois les directives européennes? Il serait impensable que le site de Marigny soit dépecé au profit de projets très néfastes pour l'avifaune. On imagine mal l'Etat français accepter la mise en pièces d'un site naturel qu'il s'est engagé à protéger!
Le communiqué
de presse des associations de protection de la nature |
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7 mai 2005 |
L'expertise scientifique continue. Voir l'article paru dans le journal de la Haute-Marne du 9 mai. | ||||
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24 mai 2005 |
Désigné par le Tribunal
Administratif de Châlons en Champagne, Jean-Marc Berepion, expert près la
Cour d'Appel de Rouen a commencé sur le terrain ses opérations d'expertise
afin d'évaluer les conséquences de cette rave-party sur l'environnement. |
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10 mars 2006 |
Le
savart de
Marigny intègre le réseau Natura 2000 Voir l'arrêté du 10 mars 2006 portant désignation du site Natura 2000 Marigny, Superbe, vallée de l'Aube (zone de protection spéciale) |
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4 mai 2006 |
Le Tribunal Administratif de
Châlons en Champagne confirme sur le fond le jugement rendu en référé le 29
avril 2005. Il décide que la décision implicite d'acceptation d'un rassemblement festif à caractère musical (NDLR : rave-party) prise par le Préfet de la Marne à l'égard du Tecknival 2005 est annulée. Il condamne également le Préfet de la Marne à verser 900 euros au titre du code de justice administrative à chacune des deux associations demanderesses (FNE et le CLE Champagne-Ardenne). |
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Où en sommes nous ? |
La LPO et le CPNCA
sont intervenus plusieurs fois auprès des représentants de l'Etat pour que
le site intègre le réseau Natura2000, préalable indispensable à une protection
pérenne de ce site remarquable. Nous sommes en
attente des décisions de l'Etat et les procédures judiciaires au niveau de
l'Europe suivent leur
cours. |
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