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Quand l'Etat orchestre dans l'ombre
le saccage de notre patrimoine naturel

Ou : les rave-party de Marigny (Marne)
 

Les dégâts de la rave-party 2003

 La rave-party 2005 et ses conséquences

  Marigny, c'est où?

 

  Le village de Marigny est situé dans le sud-ouest du département de la Marne.
Dans ce village existe un ancien camp militaire d'une très grande valeur patrimoniale.
Propriété du Ministère de la Défense, ce site est classé en Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Floristique et Faunistique (ZNIEFF) et désigné Zone d’Importance pour la Conservation des Oiseaux (ZICO) dans laquelle il est préconisé d’éviter la surfréquentation et les activités bruyantes de loisirs pour préserver leur tranquillité

Proposé au réseau Natura 2000, il a été classé le 10 mars 2006.

 
  Pour en savoir plus :
- sur les raisons de l'intérêt exceptionnel du site d'un point de vue ornithologique : cliquez ici.
- sur les espèces d'oiseaux menacés par cette rave-party : cliquez ici.

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Hibou des marais
Photo Fabrice Croset
LPO Champagne Ardenne

Une rave-party, c'est quoi? C'est le rassemblement de plusieurs milliers de jeunes "raveurs" ou "teufeurs" qui débarquent et s'installent sur un terrain avec leurs sonos dans le but d'écouter de la musique techno. Durant des heures ou des jours, la techno et la bière coulent à flot.
Nous n'avons pas à prendre partie "pour ou contre les raves" comme on nous y invite parfois. Mais nous dénonçons vivement le choix de Marigny pour la tenue de cette rave.
Des rave-party à répétition

En 2001, 2003 et 2005  les raves ont provoqué des dégâts considérables et irrémédiables sur la flore et la faune qui avaient trouvé refuge sur cette belle pelouse sèche perdue au milieu de la plaine céréalière.

En effet, la quasi totalité des oiseaux ont déserté les lieux pendant plusieurs semaines, abandonnant leurs couvées, parmi lesquels des espèces protégées en France et en Europe comme l’outarde canepetière, le hibou des marais, l’oedicnème criard, l’engoulevent d’Europe…
Le terrain piétiné avait vu la destruction de nombreuses plantes rares et protégées comme les orchidées, la gentiane d’Allemagne, le lin de Léon…

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Ophrys araignée
Photo Francis Desjardins
LPO Champagne Ardenne

  En ce qui concerne la flore, en plus du piétinement par les raveurs et le tassement du sol par les voitures, d'autres risques existent : cliquez ici pour en savoir plus.
       
Notre position et nos revendications Les associations de protection de la nature de la région  s’insurgent contre la tenue de ce genre de manifestation sur des espaces naturels sensibles. D’autres lieux, beaucoup plus appropriés pour le déroulement de ces festivals de grande envergure, devraient être proposés aux organisateurs lors de leur demande d’autorisation.

Nous avons été pris de vitesse en 2005 (la rumeur de la tenue de cette rave n'a couru que quelques jours avant son début) et il faut absolument éviter que cet événement ne devienne habituel sur des zones classées. A quoi bon nous battre pour faire classer certains sites dans le Réseau Natura 2000 si notre gouvernement tient si peu compte de ce classement en zone protégée.

Doit-on sacrifier autant d’espèces déjà menacées de disparition sur l’autel du divertissement ?
Notre réponse est claire : il n'est pas envisageable qu'une telle manifestation se reproduise sur un site classé, que ce soit Marigny ou ailleurs. Si l'on accepte le saccage de sites naturels proposés à Natura 2000, c'est toute la politique environnementale de notre pays qui est remise en cause!

 

De qui se
moque-t-on ?
Suite aux scandaleuses raves de 2001 et 2003, nous sommes intervenus auprès des ministères concernés.
Nous avons reçu en 2003 du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable un courrier dont voici les principaux extraits :
"D'une manière générale et compte tenu des engagements européens de la France, il paraît nécessaire d'exclure de toute manifestation de ce genre les sites de haute valeur environnementale et notamment ceux susceptibles d'intégrer le futur réseau Natura 2000. Il serait en effet contraire à une démarche de développement durable que l'Etat, qui s'est engagé vis-à-vis de ses partenaires européens à sauvegarder ces sites, autorise dans le même temps des activités ou des rassemblements susceptibles de les dégrader fortement.
Le ministre de l'intérieur a été saisi du bilan environnemental de ce rassemblement. Il lui a été proposé, afin d'éviter les situations d'urgence ne permettant pas d'envisager raisonnablement des solutions alternatives, d'engager conjointement et dès à présent une démarche de recherche de sites potentiels d'accueil de ce genre de manifestation susceptibles de répondre simultanément aux exigences de sécurité et de protection de l'environnement."

C'est indigne d'une République qui ne respecte ni ses lois, ni ses engagements mais se permet d'organiser des conférences internationales sur la biodiversité et s'offre le luxe d'une charte de l'environnement.

D'une rave à l'autre, la situation s'aggrave :
En 2005, on escomptait la venue de 100.000 raveurs contre 40.000 deux ans plus tôt.
- les 40 toilettes installées en 2003 ont été supprimées. "Il faudra utiliser des méthodes plus traditionnelles". On imagine les conséquences sur l'environnement des déjections de 100.000 personnes durant 4 jours...
- en 2005, les pouvoirs public ont entouré une zone "écologiquement intéressante" pour éviter un piétinement par les raveurs. Qui a décidé de cette zone (50 ha sur 300 que compte le site)? Pouvait-elle être respectée (on a vu ce qu'on donné les promesses en 2003)? Les oiseaux sont-ils sourds au point de ne pas être dérangés dans cette zone?
- en 2005 le coût de la rave-party est estimée à 200.000 euros. Le Préfet de la Marne Dominique Dubois cynique (ou inconscient) a ainsi commenté ce chiffre : "S'il sont 100.000, il suffit que chacun donne 2 euros pour couvrir les frais... moins cher qu'une place de cinéma"
Félicitations Monsieur le Préfet. Pour 2 euros ont peut détruire une zone naturelle que vous êtes, rappelons-le, chargé de protéger... Alors pourquoi s'en priver?
A-t-on chiffré dans ces 200.0000 euros le prix des dégâts à l'environnement? Certainement pas...

Doit-on continuer à sacrifier autant d’espèces déjà menacées de disparition sur l’autel du divertissement ? A quoi sert le travail des associations de protection de la nature qui luttent quotidiennement pour le respect de l’environnement puisque l’Etat, garant de la préservation du patrimoine commun, en autorise et en facilite la destruction ?

 La rave-party 2005 et ses conséquences  

 

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