|
A l'approche du printemps, le réchauffement de la température provoque un réveil progressif des batraciens ayant passé tout l'hiver en léthargie. Mais, pour rejoindre leurs lieux de ponte, leur parcours n'est pas de tout repos : des prédateurs à éviter, des obstacles à
franchir et, bien souvent, une route à traverser....
 |
Quelle
vie !
Amphibiens... le terme fait allusion au mode de vie à la fois aquatique et terrestre de ces
animaux.
Ils passent la mauvaise saison terrés sous les feuilles mortes ou la vase. Puis, au printemps, anoures (grenouilles ou crapauds) et urodèles (tritons ou salamandres) prennent la direction des zones de reproduction (mares, lacs, étangs, prairies humides, ornières...). C'est la saison des amours. |
| Une fois les oeufs pondus (jusqu'à plusieurs milliers pour les grandes femelles de crapauds), les adultes rejoignent les massifs forestiers. Trois ou quatre mois plus tard, c'est au tour des jeunes métamorphosés de rejoindre, comme leurs parents, la terre ferme… |
 |
Sauvons-les
!
C'est entre février et fin avril que l'on enregistre les plus gros mouvements d'amphibiens entre les zones boisées et les zones humides. C'est aussi à cette période que l'on constate les hécatombes les plus marquées. En effet, bien souvent, lors de leurs migrations, les amphibiens sont contraints de traverser les routes qui séparent leur lieu d'hivernage de leur zone de
reproduction.
Ainsi, chaque année, à cette période, des dispositifs de sauvetage artificiels
sont mis en place le long des routes les plus meurtrières.
Ce dispositif forme un mur infranchissable pour les amphibiens qui le longent ... et tombent dans les seaux enterrés tous les 15 mètres. |
|

|
|
La
récolte
Tous les matins, le contenu des seaux est relevé en spécifiant le nombre d'individus présents par espèces et en indiquant leurs sexe et âge (adulte, immature). Ceci permet de mieux cerner les passages importants pour chaque espèce et les zones à protéger. Certaines matinées, après une nuit douce et pluvieuse, il n'est pas rare de trouver plus d’un millier d'amphibiens prisonniers du
dispositif.
Il faut alors parfois 2 à 3 heures pour effectuer ce travail !Les amphibiens récupérés sont ensuite relâchés de l'autre côté de la route, soit en bordure de lac, soit en forêt selon le sens de la migration. |
 |
|
|
Les
objectifs
Les enjeux de ces opérations sont multiples
:
- Mieux connaître l'état des populations d'amphibiens au niveau de chaque passage testé.
- Protéger ces populations
- Définir très précisément les sites prioritaires afin de proposer des aménagements durables
- Sensibiliser un large public |
|
Un
exemple : le Lac du Der
Sur les rives du lac, la Ligue pour la Protection des Oiseaux Champagne-Ardenne
a renouvellé chaque année pendant plus de 10 ans cette opération.
Des aménagements durables ont déjà été proposés dans le cadre du document d'objectifs réalisé par l'ONCFS - opérateur du site NATURA 2000
:
- création de "crapauducs" (passages permanents sous route)
- création de mares forestières (qui attireraient une partie des amphibiens et les empêcheraient de traverser les infrastructures routières.)
Après bien des démarches, le
crapauduc a été mis en place début 2011. |
Découvrez le portrait de quelques espèces
d'amphibiens
Crédits photographiques :
Cécile CABON LE ROY - Claudy GUIOT
Dominique MORZYNSKI - Paul SIFFERT
LPO Champagne-Ardenne |
Dessins :
Sylvie DEWASME - LPO Champagne-Ardenne |
Conception-rédaction :
Céline DUFEU/Christophe HERVE
LPO Champagne-Ardenne |
|