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A la
recherche des coins sauvages… |
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C’est en suivant les habitudes
du couple de cigognes installées jadis à Pogny que j’ai découvert ces
vieilles pâtures inondables que la tempête de 99 a fait abandonner et
achever de rendre sauvages. Togny-aux-Bœufs est situé
entre Châlons et Vitry, sur la D2. Arrivé à Togny-aux-Bœufs, prenez la
direction de Vésigneul-sur-Marne par la D202 ; après avoir traversé la voie
ferrée, empruntez le premier chemin de terre à gauche. Allez jusqu’au bout,
tournez à gauche et garez-vous à côté de la cabane en tôle. A partir de là
(Point A), la promenade ne peut se faire
qu’à pied. |
| Surtout ne vous y aventurez pas en période de
crue de la Marne; la tentation est grande, mais le terrain accidenté et les
vieux bras de Marne ressuscités vous réserveraient des surprises !!! Quand on arrive, le spectacle est pour les yeux :quel coin sauvage ! Puis c’est au tour des oreilles de se régaler, la promenade s’annonce riche en oiseaux. Si le temps est frais, prenez des bottes ; les herbes hautes vous mouilleront tout ce qu’elles peuvent atteindre. |
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Je vous conseille de commencer par les quelques mares les plus proches (1). Les nénuphars et les roseaux abritent de gros ragondins et de nombreux batraciens. C’est le terrain de chasse de quelques Hérons cendrés et du Martin pêcheur dans son habit de lumière bleue. Pensez à lever la tête, les vols de Cormorans et de canards en tout genre sont fréquents. Je vous invite à continuer de vous enfoncer dans les herbes hautes en direction du groupe de buissons épineux (2). Les Pies-grièches écorcheurs installées en nombre règnent sur ces boules épineuses, vertes et fleuries. Mais nombreux sont les habitants qui fréquentent ces broussailles, comme les Bruants jaunes et des roseaux, les Hypolaïs, les Fauvettes à tête noire et grisettes, les Pipits des arbres, les Locustelles tachetées (qui se laissent parfois observer). Regardez en face, dans les grands arbres morts ; souvent, un héron s’y perche pour vous surveiller. Ces arbres sont le paradis des Pics verts, épeiches et épeichettes. Reprenez le reste du chemin qui traverse cette ancienne pâture et dirigez-vous vers les autres mares (3). Changement de décor, nous passons de cette prairie humide à une ancienne peupleraie ravagée par la tempête. Impressionnants ces troncs brisés à six mètres de haut et encore debout. Avancez vers eux (4) et prêtez attention aux trous des pics ; des Moineaux friquets y ont installé leurs familles. |
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Allez, on se remet en route en direction du bord de Marne (5), où deux Geais des chênes se chamaillent sur un arbre mort. Les Hirondelles de rivage passent si près que parfois on est tenté de baisser la tête ; cherchez la colonie… elle est sous vos pieds. Ne vous approchez pas trop près du bord, les rives sont instables !!! La belle plage de graviers que vous apercevez sur l’autre berge (6) est le repère des limicoles comme les petits Gravelots et les Chevaliers aboyeurs. Un matin, je vis sortir des saules derrière cette plage une tête brune avec des bois, un magnifique brocard ; il s’avança au bord de l’eau, sentit la rivière et le gravier, regarda longuement autour de lui puis s’avança dans l’eau et nagea avec une rapidité et une force qui me laissèrent bouche bée. En un instant, il traversa et se hissa sur la rive où j’étais, à 50 m de moi, et s’enfonça discrètement dans l’épaisseur des ronces. |
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