Quand la presse régionale se fait
porte parole du monde de la chasse
 

 


Le 17 janvier 2010, le journal l'Union de Reims a publié un article à la fois injurieux et mensonger.

Signé Christian Chardon l'article en question s'en prend d'abord au Président de la LPO Champagne-Ardenne pour avoir eu "l'outrecuidance" d'écrire à Monsieur le Préfet de l'Aube pour lui demander de suspendre la chasse aux oiseaux durement touchés par la vague de froid (canard, limicoles, bécasse, grives....).

L'auteur de ce papier s'en est pris ensuite à la chasse aux oies en Hollande, reprenant à son compte les arguments de l'association nationale des chasseurs de gibier d'eau.

A la suite de cet article (cliquez ici pour le découvrir), la LPO Champagne-Ardenne a réagi auprès du Rédacteur en chef de l'Union en lui adressant un courrier pour préciser notre position.

 
La demande de la LPO Champagne-Ardenne et la vague de froid.

Monsieur Chardon précise :
« Charles Breton, président de la LPO Champagne-Ardenne a écrit le 5 janvier dernier au préfet de l'Aube, pour lui réclamer la suspension de la chasse au gibier d'eau.
Ainsi sans vergogne M. Breton opposait des états d'âmes mus par son obscurantisme militant à une démarche de scientifiques, le protocole « Vague de froid » mis en oeuvre par les services de l'Etat. »
Pourquoi monsieur Chardon n'applique-t-il pas ce qualificatif à Monsieur le Préfet de la Haute-Marne qui le 8 janvier a suspendu la chasse à de nombreuses espèces d'oiseaux ou à la Fédération des Chasseurs de Haute-Marne qui a donné un avis favorable à cette mesure? C'est bien la preuve d'un manque de connaissance du dossier et d'un parti pris inadmissible.

Mais Monsieur Charton ne s’en tient pas à ces propos haineux. Il précise : « Et puis sans vergogne toujours il (le président de la LPO CA) accusait préventivement les chasseurs «indélicats» de commettre des massacres
Les bénévoles de la LPO constatent trop souvent sur le terrain des abus inadmissibles. Même s'il s'agit de cas isolés, ne trouve-t-on pas, par exemple, dans l’édition du 10 janvier du journal l’Union quelques lignes expliquant comment pratiquent certains chasseurs de gibier d’eau peu scrupuleux : casser la glace devant les huttes de chasse pour que les oiseaux affamés et en recherche d’eau libre viennent se poser à portée de coup de fusil.

Le massacre des oies en Hollande :
Monsieur Chardon, qui n’est pas à quelques approximations près entonne ensuite le refrain connu sur la chasse aux oies et la régulation qui a cours en Hollande. Il reprend mot pour mot les arguments du monde de la chasse (voir le communiqué de presse de l’association nationale de gibier d’eau du 8 juin dernier), arguments qui n’ont d’autres raisons que de faire pression sur les pouvoirs publics pour obtenir le droit de chasser plus longtemps les oies cendrées, au mépris de la réglementation européenne.
Il accuse les associations de protection de la nature de mutisme, mais n’interroge pas la LPO avant d’écrire son article. Il aurait appris que nous avions répondu à ses questions dans un communiqué daté du … 16 juin 2009.

Les personnes qui connaissent bien la nature apprécieront la conclusion de cet article du journal l’Union : « il est difficile pour les chasseurs français d'admettre qu'on leur refuse de prélever quelques oiseaux en février, alors que l'état de conservation de ces oiseaux est excellent, à tel point qu'on les extermine en grand nombre chez nos voisins proches ! ». Une recherche rapide sur Internet, en particulier sur les sites cynégétiques lui aurait montré de nombreuses photos de... bernaches… Ce n’est pas en tuant plus d’oies cendrées en France qu’on diminuera la population de bernaches de Hollande ! (moins de 5% des oies cendrées nichant aux Pays-Bas sont des migratrices qui transitent par la France).
A noter également que la conclusion de l'article n'est qu'un copier/coller du communiqué de presse de l’association nationale de gibier d’eau, sans pour autant citer la source.

S’il répugne à utiliser des informations en provenance de la LPO, Monsieur Chardon pouvait utiliser les conclusions du Groupe d’Experts sur les Oiseaux et sur leur Chasse (GEOC) qui vont dans le même sens.
Sollicité par Monsieur Borloo, Ministre d'Etat en charge de la chasse, ce groupe d’experts concluait ainsi son rapport du 3 novembre 2009 : « compte-tenu de l’origine géographique des oies en transit ou en hivernage en France, et de la phénologie des dégâts constatés, il est peu probable qu’un prélèvement accru en France diminuerait sensiblement les dégâts aux Pays-Bas. Ce prélèvement pourrait par ailleurs affecter négativement la population norvégienne ».

La presse locale donne souvent la parole au monde de la chasse tout en nous permettant d'apporter un avis différent et circonstancié. Cela n'a malheureusement pas été le cas ici. Cette violente diatribe contre la LPO risque d'avoir pour conséquence (à moins que ce soit l'objectif suivi) de monter l'un contre l'autre les associations naturalistes et les chasseurs.
Ce n'est pas ce que nous recherchons. En effet, si notre rôle est de dénoncer à chaque fois que nécessaire certains comportements que nous estimons contraires à nos convictions, cela ne nous empêche pas de travailler avec tous les acteurs qui veulent agir pour la protection de la biodiversité.

 

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