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La demande de la LPO Champagne-Ardenne et la vague de froid.
Monsieur Chardon précise :
« Charles Breton, président de la LPO Champagne-Ardenne a écrit le 5 janvier
dernier au préfet de l'Aube, pour lui réclamer la suspension de la chasse au
gibier d'eau. Ainsi sans vergogne M. Breton opposait des états
d'âmes mus par son obscurantisme militant à une démarche de scientifiques,
le protocole « Vague de froid » mis en oeuvre par les services de l'Etat. »
Pourquoi monsieur Chardon n'applique-t-il pas ce qualificatif à Monsieur le
Préfet de la Haute-Marne qui le 8 janvier a suspendu la chasse à de
nombreuses espèces d'oiseaux ou à la Fédération des Chasseurs de Haute-Marne
qui a donné un avis favorable à cette mesure? C'est bien la preuve d'un
manque de connaissance du dossier et d'un parti pris inadmissible.
Mais Monsieur Charton ne s’en tient pas à ces propos haineux. Il précise : «
Et puis sans vergogne toujours il (le président de la LPO CA)
accusait préventivement les chasseurs «indélicats» de commettre des
massacres.»
Les bénévoles de la LPO constatent trop souvent sur le terrain des abus
inadmissibles. Même s'il s'agit de cas isolés, ne trouve-t-on pas, par
exemple, dans l’édition du 10 janvier du journal l’Union quelques lignes
expliquant comment pratiquent certains chasseurs de gibier d’eau peu
scrupuleux : casser la glace devant les huttes de chasse pour que les
oiseaux affamés et en recherche d’eau libre viennent se poser à portée de
coup de fusil.
Le massacre des oies en Hollande :
Monsieur Chardon, qui n’est pas à quelques approximations près entonne
ensuite le refrain connu sur la chasse aux oies et la régulation qui a cours
en Hollande. Il reprend mot pour mot les arguments du monde de la chasse
(voir le
communiqué de presse de l’association nationale de gibier d’eau du 8
juin dernier), arguments qui n’ont d’autres raisons que de faire pression
sur les pouvoirs publics pour obtenir le droit de chasser plus longtemps les
oies cendrées, au mépris de la réglementation européenne.
Il accuse les associations de protection de la nature de mutisme, mais
n’interroge pas la LPO avant d’écrire son article. Il aurait appris que nous
avions répondu à ses questions dans un
communiqué
daté du … 16 juin 2009.
Les personnes qui connaissent bien la nature apprécieront la conclusion de
cet article du journal l’Union : « il est difficile pour les chasseurs
français d'admettre qu'on leur refuse de prélever quelques oiseaux en
février, alors que l'état de conservation de ces oiseaux est excellent, à
tel point qu'on les extermine en grand nombre chez nos voisins proches ! ».
Une recherche rapide sur Internet, en particulier sur les sites cynégétiques
lui aurait montré de nombreuses photos de... bernaches… Ce n’est pas en
tuant plus d’oies cendrées en France qu’on diminuera la population de
bernaches de Hollande ! (moins de 5% des oies cendrées nichant aux
Pays-Bas sont des migratrices qui transitent par la France).
A noter également que la conclusion de l'article n'est qu'un
copier/coller du
communiqué de presse de l’association nationale de gibier d’eau, sans
pour autant citer la source.
S’il répugne à utiliser des informations en provenance de la LPO, Monsieur
Chardon pouvait utiliser les
conclusions du Groupe d’Experts sur les Oiseaux et sur leur Chasse (GEOC)
qui vont dans le même sens.
Sollicité par Monsieur Borloo, Ministre d'Etat en charge de la chasse, ce
groupe d’experts concluait ainsi son rapport du 3 novembre 2009 : «
compte-tenu de l’origine géographique des oies en transit ou en hivernage en
France, et de la phénologie des dégâts constatés, il est peu probable qu’un
prélèvement accru en France diminuerait sensiblement les dégâts aux
Pays-Bas. Ce prélèvement pourrait par ailleurs affecter négativement la
population norvégienne ».
La presse locale donne souvent la parole au monde de la chasse tout en nous
permettant d'apporter un avis différent et circonstancié. Cela n'a
malheureusement pas été le cas ici. Cette violente diatribe contre la LPO
risque d'avoir pour conséquence (à moins que ce soit l'objectif suivi) de
monter l'un contre l'autre les associations naturalistes et les chasseurs.
Ce n'est pas ce que nous recherchons. En effet, si notre rôle est de
dénoncer à chaque fois que nécessaire certains comportements que nous
estimons contraires à nos convictions, cela ne nous empêche pas de
travailler avec tous les acteurs qui veulent agir pour la protection de la
biodiversité. |