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L’APPEL DES
GRUES |
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Nous vous présentons ci-dessous la synthèse annuelle de la migration et de l'hivernage des Grues cendrées en Champagne Ardenne (1998/1999) |
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Ces informations sont tirées de "L'APPEL
DES GRUES" d'Octobre 1999, synthèse annuelle des observations de la migration,
réalisée par la LPO Champagne Ardenne, avec le soutien de l'IIBRBS
(Institution Interdépartementale
des Barrages Réservoirs du Bassin de la Seine). Créés pour éviter les crues dévastatrices sur la région parisienne en hiver et lui fournir de l'eau en été, les réservoirs sur la Marne, l'Aube et la Seine accueillent depuis leur mise en eau une multitude d'oiseaux et notamment de nombreuses Grues cendrées. Le lac du Der-Chantecoq est le principal site où s'arrêtent ces oiseaux. En effet, 30 à 50 000 individus le fréquentent en migration en octobre/novembre et février/mars, pour 10 à 15 000 sur les lacs aubois. L'hivernage y est régulier et, depuis 1994, concerne 4000 à 8500 grues sur le Der et une centaine sur les lacs aubois |
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Automne 1998 |
Les 5 premières Grues cendrées arrivent sur le lac du Der dès la fin du mois d'août alors que 15 oiseaux sont déjà notés en migration vers le sud le 28 de ce mois, à Charleville-Mézières-08. Une seule donnée de migratrices est ensuite enregistrée en septembre : 50 le 17 à Dienville-10. En octobre, de nombreux petits vols sont notés quasi quotidiennement à partir du 4 et jusqu'au 25, principalement durant la journée du 18. Les effectifs du lac du Der progressent également dans le même temps, passant de 12 le 2 à 3800 le 29 puis 6300 le 1er novembre au matin. Une très grosse majorité de ces oiseaux part ensuite le jour même et est observée en migration plus au sud-ouest dans l'Aube. Ainsi, le 4 novembre, il ne reste qu'un peu plus de 1000 oiseaux sur le lac du Der. Ces chiffres sont bien sûr très inférieurs à ceux de ces dernières années et il est clair que la plupart des Grues cendrées ouest-européennes se trouvent encore en Allemagne à ce moment-là. Ce n'est que le 8 novembre que la première grosse vague de
migratrices (20 000 individus) arrive en France dans l'après-midi et dans la
nuit du 8 au 9 et s'arrête sur le Der (plus de 20 000 individus le 9 au matin au départ
du dortoir). Trois jours plus tard seulement, la deuxième grosse vague
(plus de 20000 oiseaux) arrive d'Allemagne dans la nuit du 11 au 12 et certaines grues
font halte sur les grands lacs. Dans le même temps, le 8 au matin, au moins 16000 grues
quittent le lac du Der pour rejoindre l'Aquitaine et sont observées plus au sud dans
l'Aube. Au total, ce sont donc 40 à 50000 Grues cendrées qui auront
traversé notre région en 4 jours soit la moitié de la population
ouest-européenne. |
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Synthèse des observations de l'automne Effectifs cumulés par commune |
Hiver 1998/1999 |
Très peu de grues quittent notre région début janvier et l'hivernage de l'espèce en Champagne-Ardenne atteint de nouveau un record avec plus de 8500 individus comptabilisés : 8450 sur le lac du Der et une centaine sur les lacs aubois. Ceci représente plus du quart des grues hivernant en France (32000) et 8,5 % des quelque 100000 individus de la population totale d'Europe de l'ouest. |
"Printemps" 1999 |
Classiquement, c'est une partie des oiseaux ayant hiverné sur le Der qui part déjà en migration fin janvier/début février. Il n'y a plus que 6600 individus le 7 février. Par la suite, les bonnes conditions météorologiques de février et mars ne favorisent pas les stationnements prolongés sur les grands lacs. Cependant, la plupart des Grues cendrées remontant vers le nord-est sont passées par la région et se sont arrêtées brièvement sur le lac du Der. Ainsi, le maximum enregistré ce printemps est-il seulement de 10700 oiseaux les 28 février, 1er et 10 mars mais le fort renouvellement quasi quotidien aura quand même permis d'atteindre le chiffre de 66000 oiseaux en transit sur le Der soit le deuxième plus fort total jamais atteint et les 2/3 de la population traversant la France ! S'y ajoutent également les 3000 grues qui se sont arrêtées sur les lacs aubois. Les principaux mouvements sont notés principalement entre le 23 février et le 22 mars
avec 2 pics distincts bien marqués : du 25 février au 1er mars et du 3 au 13
mars. On ne relève que 5 données en avril dont 3 vols le 5. |
Synthèse des observations du
"printemps" Effectifs cumulés par commune |
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DES MESURES AGRI-ENVIRONNEMENTALES Les Grues cendrées utilisent principalement les grands réservoirs comme dortoirs et se nourrissent dans les champs alentour, surtout dans les chaumes de maïs à l'automne. Des mesures agri-environnementales conservatrices pour l'espèce et préservatrices pour les cultures ont été élaborées par la LPO en concertation avec le monde agricole grâce à des crédits européens. La principale mesure est le maintien des chaumes jusqu'au 15 décembre ou 15 mars. Les agriculteurs qui souscrivent à de telles pratiques reçoivent en compensation une aide financière. Au total, environ 1000 ha sont concernés par ces mesures autour du lac du Der et dans le Perthois (51/52) et 300 ha autour des grands lacs aubois et de l'étang de la Horre (10). Le suivi scientifique sur le terrain est assuré en totalité par la LPO Champagne-Ardenne
Chaque année, de nombreuses Grues cendrées sont baguées sur
leurs sites de reproduction mais aussi sur les zones d'hivernage espagnoles. Les grues
sont ainsi équipées de bagues couleurs qui permettent de les reconnaître
individuellement. Ainsi, cest lassurance de mieux connaître les oiseaux et de
mieux les protéger. Transmettez ces informations à la responsable au niveau national de la centralisation.
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