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L’APPEL DES GRUES
(1996/1997)

Ces informations sont tirées de "L'APPEL DES GRUES" d'Octobre 1997, synthèse annuelle des observations de la migration, réalisée par la LPO Champagne Ardenne, avec le soutien de l'IIBRBS (Institution Interdépartementale des Barrages Réservoirs du Bassin de la Seine).

 

 
Grâce au réseau Grues mis en place par la LPO et à tous les observateurs, la migration a pu être suivie partout en France.
Au total 1650 observations ont été analysées.

Les observations de 1996/97 montrent que les Grues cendrées hivernent de plus en plus nombreuses en France. Ainsi, 30 000 oiseaux, soit le tiers de la population hivernant en Europe de l’ouest, ont passé l’hiver en France. Ce phénomène est explicable notamment par la mise en culture depuis quelques années des immenses steppes espagnoles, utilisées traditionnellement par les grues qui y trouvaient calme et nourriture.

LA MIGRATION EN CHAMPAGNE-ARDENNE

AUTOMNE 1996

Un premier petit vol est observé le 5/10 dans l’Aube et près de soixante oiseaux sont présents le 9 sur le lac du Der. Un mouvement plus marqué se manifeste les 12 et 13 avec une occupation franche des lacs de Seine (1200 sur le lac du Der et 270 dans l’Aube). Mais la migration ne s’amplifie qu’à partir du 24 (500 en 13 vols dans l’Ouest de la région, dès 4 heures du matin) et surtout les 26 et 27. Absolument sans précédent à cette époque, plus de 35 000 grues sont comptées sur le lac du Der le 28 au matin ! On peut se demander si les oiseaux n’auraient pas perçu la queue du cyclone tropical Lily (qui a touché la Champagne dans la nuit du 28 au 29) et anticipé un mouvement d’envergure. Ce stationnement perdure pour la plus grande partie pendant 2 semaines.

Une seconde vague se dessine à la mi-novembre avec des passages nocturnes sur toute la moitié ouest, de Reims à Saint-Dizier et se traduisant par un nouvel afflux sur le lac du Der (10 000). C’est également entre le 16/11 et le 22/11 que sont notés les quelques vols sur le Bassigny, Chaumont et le plateau de Langres. Ce passage se poursuit de façon très diffuse, souvent de nuit, jusqu’au 15/12. A la fin de ce mois, le lac du Der connaît les derniers gros départs. Les 2 derniers vols sont enregistrés le 25 sur Epernay. Pour illustrer la rapidité de certains déplacements, on peut citer le cas d’une famille de grues quittant le lac du Der le 2/12 observée le lendemain près de Saragosse en Espagne, à près de 1000 km de là. Les lacs aubois accueillent 1500 grues lors de la vague de fin octobre et 1500 également à la mi-novembre. 

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La Champagne Ardenne (en bleu) est située en plein couloir migratoire des grues cendrées. Certaines années, en fonction des conditions climatiques, ce couloir peut être légèrement décalé à l'est ou à l'ouest.

 


 

UN HIVERNAGE DIFFICILE

La rude et longue vague de froid qui intervient jusqu’au 21/12 et dure jusqu’au 17/01 entraîne un départ massif des zones de stationnement champenoises, réduisant le nombre des oiseaux en hivernage à 3800 sur l’ensemble des sites, pour l’essentiel sur le lac du Der.

Les oiseaux ayant quitté notre région ne dépasseront pas le sud-ouest du pays où ils hivernent. Les derniers groupes en fuite sont vus le 29/12 (le 2/01 ?).

Malgré la couche de neige et le gel en Champagne, les oiseaux qui restent survivront en explorant de nouveaux secteurs d’alimentation.

Dès la fin du coup de froid et le redoux (23 et 24/01), quelques groupes quittent déjà les lieux en direction du nord, c’est l’amorce de la migration de printemps.

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PRINTEMPS 1997

Les premiers vols remontant sont vus dans le secteur d’Epernay, à partir du 2/02. Toutefois, le passage ne s’intensifie qu’après le 20 avec notamment 400 grues en 3 vols sur Chaumont le 21, un net passage sur la région de Troyes dans l’après-midi du 22, sur Sézanne et Reims le 23.

Le 22, 7200 grues sont observées sur le lac du Der, c’est le maximum de la saison. Par la suite et à partir du 26, le transit y est interrompu pendant 2 semaines, avec un renouvellement quotidien des oiseaux stationnés mais sans effectifs spectaculaires (maximum journalier de 5 à 6000 oiseaux, pour un total de 30 000).

Les grues profitent de conditions météorologiques très favorables : ainsi, le 26/02, plus de 4000 oiseaux sont dénombrés en 2 heures sur un front de 5 km, volant à 100 km/h. A noter également de nombreux vols de nuit du 26/02 au 3/03 sur toute la largeur de la région de Dormans à Saint-Dizier. Les gros passages vus sur la région de Troyes à Brienne du 4 au 9/03 alimentent les stationnements du lac du Der. Le passage prend fin totalement le 17/03. Quelques centaines de grues séjournent sur le lac du Der jusqu’au 30, quelques dizaines jusqu’à la mi-avril.
 

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