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La Grue cendrée en France |
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La migration des oiseaux est depuis toujours un phénomène qui fascine les
Hommes. Alors que la migration des passereaux passe facilement inaperçue, celle
des Grues cendrées est un spectacle qui s’offre à tous. De jour, les vols de
cette espèce se présentent sous forme de lignes, de V ou en de multiples
variantes. De nuit, ce sont les cris fréquents qui trahissent le passage de la
grue. Espèce menacée il y a quelques décennies, la population ouest-européenne,
en 2004, est désormais forte de 160 000 à 180 000 individus. Afin de mieux connaître et comprendre la migration de la Grue cendrée, un réseau, le Réseau Grues France s’est mis en place et regroupe 57 organismes et associations français (liste des membres). Son but est l’échange des informations en provenance des régions pour mieux anticiper l’arrivée des grues. Il permet également d’informer le public et les médias. Cette synthèse a pour but d’exposer de manière succincte les migrations et l’hivernage de cette espèce lors de la saison 2003/2004. Bien évidemment, cette synthèse n’existe que grâce aux nombreux observateurs qui ont fourni des informations sur l’ensemble du territoire. Qu’ils soient remerciés. Remerciements également aux correspondants étrangers (en particulier Allemands et Espagnols) qui permettent souvent de quantifier les passages nocturnes au-dessus de la France. |
| Migration post-nuptiale 2003 | |
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Première vague |
Le 12, en toute fin de soirée les premiers vols importants de migratrices
sont signalés. Ce sont 1 300 grues qui s’installent sur le dortoir du Der
(51/52) le 13 au soir. Entre 15h30 et 19h00, 15 000 grues quittent le sol
allemand. Ainsi, la nuit du 13 octobre et la journée du 14 octobre
fournissent de très nombreuses données. La Lorraine et la Champagne-Ardenne
sont les premières régions concernées par ces arrivées. Dans la Meuse (55),
1 280 individus passent entre 18 et 19h00. Plus de 16 000 grues occupent le
Der (51/52) et 730 le lac du Temple (10) dès le 14. Ce même jour,
d’importants passages sont signalés en Bourgogne : 3 500 dans l’Yonne (89)
et 18 000 dans la Nièvre (58). La migration se poursuit dans le sud-est de
la région Centre : 4 300 dans le Cher (18), et en Auvergne avec plus de 9
000 oiseaux dans l’Allier (03). Par la suite, le Limousin est survolé : 5 300 dans la Creuse (23) et 2 300 en Corrèze (19). Pour finir, en soirée, la
région Aquitaine est atteinte. A Arjuzanx (40), 350 grues sont
comptabilisées au dortoir. La journée du 15 octobre est également très
animée et au moins 25 000 oiseaux ont traversé le pays. Le lendemain, on
dénombre plus de 14 000 grues à Arjuzanx (40) et à la fin de cette vague de
migration, soit le 19 octobre, on note 126 oiseaux à Cousseau (33), 72 à
Puydarrieux (65), 3 000 à Captieux (33/40), 680 au lac du Temple (10) et un
peu plus de 18 000 au lac du Der (51/52). Les Pyrénées sont franchis dès le
16 octobre, 15 500 grues sont dénombrées ce jour sur les 3 cols basques
suivis par OCL. Le franchissement de ce massif est confirmé par la présence
très précoce de 4 400 grues en Extrémadure (Sud-ouest de l’Espagne) le 22
octobre. L’estimation du nombre de grues concernées par ces déplacements s’élève à au moins 80 000 individus. Suite à cet important mouvement, une accalmie se produit très temporairement. |
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Carte 1 : Nombre cumulé de Grues cendrées lors des
mouvements
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Deuxième
vague |
Entre 10h00 et 12h00, de nombreuses grues
quittent la région de Rügen en Allemagne. Les conditions météorologiques
sont effectivement très propices à la migration de ces grands planeurs. Il
fait beau ce qui favorise la présence d’ascendants thermiques, de plus le
vent souffle du nord-est permettant aux grues d’économiser de l’énergie.
L’arrivée des grues par le nord-est commence en début de soirée dans la
Meuse (55) et en Champagne-Ardenne. Entre 6 000 et 8 000 grues survolent la
Champagne humide en 2 heures. La plupart s’arrêtent sur le Der (51/52).
![]() Ainsi, le 24 au matin, plus de 35 000 fréquentent les vasières du lac et 1 300 sur le lac du Temple en Forêt d’Orient. Cette halte n’est que de courte
durée, une majorité d’entre elles partent immédiatement en migration. Lors
de cette journée, près de 20 000 grues se dirigent vers le sud-ouest. Ce
même jour, 19 grues sont présentes en Baie de l’Aiguillon (85).
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Carte 2 : Nombre cumulé de Grues cendrées lors des
mouvements
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Des mouvements plus diffus (26/10/03 - 15/11/03) |
Lors de cette période, des mouvements de grues sont signalés
ici ou là sur le couloir de migration habituel. Quatre journées concentrent
l’essentiel des observations : 6 et 7 novembre (7 000 grues au minimum)
ainsi que les 10 et 11 (10 000 au moins), en partie des départs de Champagne
et de Lorraine. |
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Carte 3 : Nombre cumulé de Grues cendrées lors des
mouvements |
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Une dernière journée de migration
(7/12/03) |
Dès le lever des grues sur le lac du Der (51/52), au moins
5 000 oiseaux partent en migration. Ce mouvement se confirme rapidement,
ainsi le ciel de la Nièvre voit passer 11 000 grues, ce chiffre traduit
l’ampleur du passage pour cette unique journée. En plus de ces départs de
Champagne, ce sont pas moins de 5 000 grues qui arrivent d’Allemagne. Cette
journée marquera la fin des importants mouvements de la migration
postnuptiale de 2003. |
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Migration post-nuptiale 2003 Hivernage 2003-2004 Migration pré-nuptiale 2004 |
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