La Grue cendrée en France
Migrations et hivernage
Saison 2009/2010

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Migration pré-nuptiale 2010

Le premier vol en direction du nord-est est observé le 5 janvier en Corrèze et compte 30 individus. Comme souvent, un chassé-croisé s’opère entre des grues qui remontent vers le nord-est et d’autres qui continuent à descendre vers le sud-ouest. Par exemple le 16 janvier, 16 grues remontent en Seine-et-Marne et 15 descendent dans la Nièvre. La véritable migration prénuptiale commence le 1er février.

Les premiers mouvements de migration
(01/02/10 – 15/02/10)
 

Durant cette période, les vols en direction du nord-est sont quasi-quotidiens mais concernent assez peu d’oiseaux. Ce sont 21 départements qui sont survolés par des grues migratrices. Quelques groupes sont encore observés en sens inverse jusqu’au 11 février.

Dès le 4, les vols sont tous orientés vers le nord-est. Le 4 apparaît donc très clairement comme le premier jour de remontée puisque ce sont 10 départements qui sont survolés dans le Centre, dans le secteur de la Dordogne et dans le Gard. Le 5, vers 15h, des grues en provenance du sud-ouest arrivent dans la région du lac du Der, certaines semblent ne pas faire de halte. Ces petites remontées se poursuivent le 6. Ces 15 jours auront concerné 1 000 grues.

Vague principale de migration
(18/02/10 – 07/03/10)
 

Le 16 février, des grues ayant passé l’hiver en Champagne profitent du beau temps pour prendre la direction du nord-est. Le 18 février, la vague principale de migration de la période prénuptiale démarre. Ce sont essentiellement les grues ayant passé l’hiver sur les sites aquitains qui prennent le départ. L’ensemble des départements situés entre cette région et le quart nord-est du pays sont concernés dès le 18 et pendant les jours suivants. Les moments d’accalmie sont rares jusqu’au 7 mars. Certaines journées sont marquées par des mouvements de migration très importants. Le 23 février par exemple, 11 000 grues sont comptées en Dordogne dans l’après-midi, 11 000 également en Haute-Vienne, 12 000 individus en moins d’une heure dans l’Indre. Le 26 février, ce ne sont pas moins de 25 000 grues qui tentent le franchissement des Pyrénées coté espagnol afin de rejoindre notre pays. Les vents violents compliquent leur tâche, elles montent régulièrement à 4 000 m d’altitude avant de faire demi-tour. Les grues qui parviennent à franchir les montagnes croisent dès le lendemain la tempête Xynthia qui entre par les côtes atlantiques le soir du 27 avant de balayer une grande partie du pays le 28. Un phénomène est observé en Espagne et en France : les grues utilisent les courants violents de sud-ouest à l’arrière de la tempête pour migrer à haute altitude et très rapidement. Il est même difficile pour les observateurs de les dénombrer. Le 28 toujours, 30 000 grues supplémentaires quittent l’Espagne. Les mouvements sont encore très intenses les jours suivants. Il n’est pas rare que des journées voient transiter plus de 20 000 grues dans notre pays. En fin de période, le 7 mars, le lac du Der bat un record de stationnement pour la saison avec 68 000 grues. Le fort vent de nord-est empêche les oiseaux de poursuivre leur route vers le nord. Lors de ces 18 jours ce sont 160 000 grues qui ont survolé notre pays.

Carte 3 : Nombre cumulé de Grues cendrées lors des mouvements
du 18 février au 7 mars 2010

Seconde vague d’ampleur
(12/03/10 – 17/03/10)

 

Ces quelques jours marquent la seconde et dernière vague de migration importante de cette période prénuptiale. Dès le 12 mars, de nombreux oiseaux quittent le lac du Der et sont observés en Belgique dans l’après-midi. Un autre pic de migration se déroule les 15 et 16 mars, ce sont en effet plus de 45 500 individus qui sont comptabilisés lors de ces deux jours.
Au total pour cette période ce sont 50 000 grues qui ont effectué des mouvements de migration à travers notre pays.
 

Les derniers mouvements
(18/03/10 – 01/04/10)

Comme chaque année à cette période, des migratrices sont observées en petit nombre ici ou là. Les groupes les plus importants comptent entre 150 et 200 individus et sont observés dans l’Indre, la Marne, le Gers, la Vienne, l’Allier et la Meurthe-et-Moselle. Dans le même temps, des stationnements sont notés : le 21 mars 200 individus à l’Etang de la Horre en Champagne ; le 22 mars encore 13 sur le site de Puydarrieux dans les Pyrénées 1 observé en Haute-Saône (jusqu’au 30/03) et 8 en Côte-d’Or ; le 24 mars 300 sont signalés dans la Meuse ; le 28 mars et le 1er avril 80 en vallée de la Voire (Champagne) ; toujours le 28 mars encore 97 sur le site principal d’hivernage dans la Nièvre ; le 30 mars 55 sont posés dans la Vienne et enfin le 1er avril 7 dans le Cantal. Ces derniers mouvements auront concerné 2 000 grues.

Fin de la migration, les retardataires et les estivantes
(02/04/10 – 30/06/10)

Des immatures, des grues faibles ou blessées sont notées dans 26 départements durant cette période. D’autres choisissent de passer la belle saison dans notre pays en attendant la migration suivante.
Concernant des groupes en migration, on en note dans 15 départements et les dernières sont vues le 14 mai dans le Maine-et-Loire.
 


Bilan migration prénuptiale 2010


Lors de la remontée vers les sites de nidification, 163 000 grues ont été notées en migration active. Cet effectif est en nette baisse par rapport à l’an dernier. Sur ces grues, 124 000 individus venaient d’Espagne. Le suivi de migration d’une espèce à grand effectif est toujours délicat et varie selon les années.
 

Bilan 2009/2010 : estimation de la population

Pour estimer la population ouest-européenne de Grues cendrées, il nous faut additionner les grues ayant passé l’hiver en Espagne (au moins 124 000 grues), en France (103 000 grues) et en Allemagne (effectif marginal cette année). Nous arrivons donc à un total de 227 000 grues.

Les comptages réalisés par le réseau Grues et nos partenaires européens montrent donc que la population reste à un niveau élevé. Comme chaque année, nos estimations sont à prendre avec prudence. En effet, estimer une population s’avère toujours délicat. Par ailleurs, des transferts d’individus, difficilement quantifiables, entre la voie hongroise et la voie franco-allemande sont maintenant prouvés, y compris au cours de l’hiver, et ne peuvent que compliquer les estimations.


 

 

Le Voyage de Grupette

 

Afin de tester vos connaissances et de découvrir ou redécouvrir le fabuleux voyage de la Grue cendrée, la Ligue pour la Protection des Oiseaux de Champagne-Ardenne vous propose un jeu sur son site internet. Il s’agit pour vous d’aider notre grue dénommée Grupette à rejoindre son lieu d’hivernage. Par le biais de questions à choix multiples, vous évoluez de l’éclosion jusqu’en Espagne. Ce jeu permet également de façon ludique de sensibiliser les enfants au phénomène de la migration.
 


Cliquez pour rejoindre le jeu

Le Réseau Grues France

 

Animé par la Ligue pour la Protection des Oiseaux de Champagne-Ardenne, le Réseau Grues France regroupe tous les organismes et associations français s’intéressant aux Grues cendrées.

Ses rôles sont multiples :
- anticiper les mouvements migratoires
- informer le public et les médias
- suivre les effectifs
- rechercher des oiseaux bagués
- connaître les couloirs de migration
- participer au groupe de travail européen sur les Grues cendrées (ECWG)

En savoir plus sur le Réseau Grues France

       La liste par région des membres du Réseau Grues France

 

Les observations du réseau sur l’ensemble du territoire permettent de visualiser le couloir de migration principal des Grues cendrées sur la France. Il est représenté sur la carte ci-dessous. Pour la saison 2009/2010, ce sont 77 départements qui ont fourni au minimum une observation de grues et parmi ceux-ci 38 totalisent plus de 10 jours de présence de l’espèce.

Carte 4: Nombre de journées d’observation de Grues cendrées
par département lors de la saison de migration 2009/ 2010

Conception et réalisation : LPO Champagne-Ardenne
Aurélien DESCHATRES, Emmanuel LE ROY
Photos : Christine TOMASSON
Relecture et compléments : Patrick DULAU, Alain GENDEAU, Sébastien MERLE, Alain SALVI
 

LPO Champagne-Ardenne
Der Nature
Ferme des Grands Parts
D 13
51290 OUTINES
Tel : 03.26.72.54.47 Fax : 03.26.72.54.30

Cette synthèse a été réalisée grâce au soutien financier
de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement
et du Logement (DREAL) de Champagne-Ardenne,
ainsi que Les Grands Lacs de Seine (IIBRBS).

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