Photo : Fabrice Cahez

La Grue cendrée en France
Migrations et hivernage
Sais
on 1999/2000

Oiseau migrateur mythique, la Grue cendrée rythme les saisons des hommes. Ses longs voyages sont suivis à travers la France par de nombreux observateurs passionnés. Pour mieux suivre les déplacements des oiseaux, la LPO Champagne-Ardenne coordonne le Réseau Grues France qui regroupe les différents organismes et associations présents sur le couloir de migration. Cette page présente la synthèse de milliers de données recueillies pendant la saison 1999-2000.
Migration post-nuptiale 1999
Les éclaireuses 
29/08 - 15/10

On note une seule observation de migratrices en août : 14 le 29 dans les Ardennes alors qu'il y a déjà 5 grues sur le lac du Der depuis le 7. Septembre est très calme : seules 7 journées fournissent des données de grues en migration. Signalons notamment 345 individus en 2 vols le 16 dans l'Yonne et 30 le 17 dans le Vaucluse. A partir du 3 octobre, le passage, quoique d'ampleur faible, devient quotidien et concerne plusieurs centaines d'oiseaux du 9 au 13 avec curieusement une dizaine de vols entendus dans la nuit du 10 au 11 en Loire-Atlantique ! Il n'y a pas plus de 27 grues sur le  lac du Der les 14 et 15. Ces premiers mouvements totalisent au moins 3 260 individus.
La première grosse vague
15/10 - 21/10
Elle débute à partir de la fin de la journée du 15 octobre, les premiers vols étant signalés vers 20h00 en Meurthe-et-Moselle et 23h00 dans les Ardennes. Très importante et concentrée pour l'époque, cette première phase dure presque sans interruption jusque dans la nuit du 17 au 18 et totalise au moins 30 510 Grues cendrées. Toute la journée du 16 et dans la nuit du 16 au 17, au moins 24 970 individus arrivent en France. La moitié s'arrête sur les grands lacs de Champagne Humide comme l'attestent les comptages du dimanche matin (17/10) : 11 330 sur le lac du Der et 1 300 sur les lacs Aubois. L'autre moitié traverse la France et est observée sur le couloir habituel. Citons ainsi 11 360 individus observés dans la Nièvre, 8 350 en Creuse, 9 380 en Haute-Vienne et au-dessus du bassin d'Arcachon où un important passage est ressenti dans la nuit du 16 au 17. Ce même jour, il y a déjà 13 grues en Baie de l'Aiguillon sur leur site d'hivernage et 34 oiseaux franchissent les Pyrénées par le col basque de Lizarrieta. Le 17 jusqu'en fin de journée, les dernières migratrices de cette vague (encore au moins 5 540 grues) finissent de traverser notre pays alors qu'au moins 9 470 individus sont repartis du lac du Der  le matin. Dans la nuit du 17 au 18 et la matinée du 18, plusieurs milliers de grues ont de très grosses difficultés à progresser au-dessus de la vallée de la Garonne avec de très mauvaises conditions météo. Certains oiseaux, cependant, s'arrêtent encore en Champagne puisque le 18 au matin il y a 6 990 individus sur le lac du Der et 1 400 sur le lac du Temple. Ces grues ne s'attardent pas puisque ce même jour au moins 4 340 individus repartent en migration vers le sud-ouest où ils sont vus notamment dans le Cher. Dans ce même département, 3000 oiseaux s'arrêtent sur l'étang de Craon. Puis du 19 au 21 octobre se produit un second mouvement : au moins 10 750 individus arrivent en France, la plupart s'arrêtant sur les grands lacs de Champagne (10 890 grues cendrées sur le lac du Der  le 21 au soir). Le 19, 5 220 oiseaux franchissent les Pyrénées par le col basque d'Organbidexka et rejoignent pour partie (3 000) les 9 950 grues stationnées sur Gallocanta en Espagne. Cette première grosse vague totalise en 7 jours au moins 41 260 Grues cendrées.
Des mouvements plus diffus 
22/10 - 03/11
A partir du 22 octobre et jusqu'au 3 novembre, les mouvements, bien que journaliers, concernent nettement moins de grues. Les oiseaux stationnés sur l'étang de Craon dans le Cher (maximum de 3 000 à 4 000 individus les 23 et 24 octobre) le quittent progressivement du 25 au 27. Les franchissements des Pyrénées sont relativement importants et rapides. Organbidexka Col Libre compte ainsi 18 400 oiseaux sur ses 3 sites du pays basque en 3 jours (du 24 au 26 octobre). En Champagne, les départs sont compensés par les arrivées, perceptibles surtout les 30 octobre et 1er novembre ; il y a 12 540 individus sur le lac du Der le 1er novembre. Enfin, le 3 novembre, 4 000 oiseaux quittent le lac du Der et sont observés dans l'Aube. Ces 13 jours de mouvement totalisent au moins 14 770 Grues cendrées.
Carte : Nombre cumulé de Grues cendrées lors de la première grosse vague du 15 au 21 octobre 1999

La deuxième grosse vague 
04 et 05/11
Très dense, elle se produit en 2 jours et totalise au moins 22 460 Grues cendrées ! La plupart des oiseaux s'arrêtent sur les grands lacs de Champagne comme l'attestent les comptages au lever des dortoirs : 3 420 sur les lacs Aubois le 5 et 24 990 (record de la saison) sur le lac du Der le 6. Dans le même temps, au moins 4 090 oiseaux avaient quitté ce dernier site le 4 et survolé le département de l'Aube. Le 5, il y a seulement 3 500 grues à Arjuzanx. dans les Landes.
Enfin, lors de ces deux journées, seulement 480 oiseaux sont dénombrés par les observateurs d'OCL sur leurs 3 sites de suivi de la migration dans le pays basque.
Gros départs de Champagne
06/11 - 10/11
La seconde grosse vague ne s'attarde pas en Champagne et le 7 novembre, au moins 17 000 grues sont observées en provenance de cette région dans le "centre" de la France : 17 000 dans la Nièvre, 14 070 dans l'Allier et 13 050 dans la Corrèze.
Enfin, pendant ces 5 jours, il faut également rajouter au moins 1 040 Grues cendrées apparemment en provenance directe d'Allemagne.
La troisième grosse vague 
11/11 - 16/11
Elle se produit essentiellement les 11 et 12 novembre avec un autre petit mouvement (1 660 individus) les 15 et 16. Elle concerne au moins 28 620 Grues cendrées dont une bonne moitié traverse la France très rapidement (9 600 notées dans la Nièvre le 12).
Le 13, 17 040 grues sont comptées le matin au départ du
lac du Der, une partie d'entre elles repartant déjà en migration dans la journée (2 020 vues en Charente par exemple). Grâce au vent de nord-est soufflant à cette période, des oiseaux sont vus en Mayenne, en Loire-Atlantique et dans le Maine-et-Loire. 
Le site de la baie de l'Aiguillon en Vendée bénéficie également d'un apport non négligeable de Grues cendrées : 184 individus y sont dénombrés le 16 !
carte : Nombre cumulé de Grues cendrées lors de la troisième grosse vague du 11 au 16 novembre 1999

Fin des mouvements et pré-hivernage 17/11 - 16/01 A partir du 17 novembre, les mouvements se ralentissent nettement. Ils sont encore quotidiens jusqu'au 24 puis deviennent irréguliers jusqu'au 24 décembre. A partir du 26 décembre et jusqu'au 16 janvier, ceux-ci reprennent une certaine régularité mais concernent peu de grues. Ces derniers passages totalisent au moins 2 500 Grues cendrées en deux mois. La population ouest-européenne ayant transité par la France cet automne est donc estimée à environ 114 000 Grues cendrées !
Pour en revenir aux déplacements de ces deux mois, il s'agit en fait surtout des départs d'oiseaux du
lac du Der et dans une moindre mesure de Lorraine, du lac du Temple et de la baie de l'Aiguillon, conditionnés plus par la diminution des ressources alimentaires que par une météorologie défavorable. Ces grues arrivent sans doute alors sur les sites aquitains où les effectifs progressent en conséquence. Le site de Captieux passe ainsi de 680 grues le 10 novembre à 8 960 le 10 décembre.
Fait curieux, au moins 1 010 oiseaux quittent le lac du Der  le 16 janvier et sont observés plus au sud-ouest dans l'Aube, la Nièvre, la Creuse et la Haute-Vienne.
Pour finir, signalons quand même ces 5 grues (2 + 3) vues en Haute-Corse sur la côte orientale le 28 novembre, apparemment en migration !
L'hivernage
Celui-ci atteint de nouveau un record cette année avec environ 37 200 Grues cendrées, réparties sur 17 sites, contre 31 330 en 1999 et 28 000 en 1998 ! La France accueille ainsi en hiver un tiers de la population ouest-européenne.
Aquitaine L'Aquitaine est plus que jamais la première région d'hivernage des grues en France avec environ 27 360 oiseaux cet hiver (un record), soit 73,5 % de l'effectif national.
La réserve d'
Arjuzanx. dans les Landes a accueilli environ 18 690 individus (contre 16 870 l'an dernier et 15 000 en 1998). Le camp du Poteau à Captieux, pour sa part, en a hébergé 7 880 contre 4 350 en 1999 et 6 270 en 1998. Trois autres sites abritent des grues mais avec des effectifs plus modestes : le Muret-Ychoux (540 individus), Saint-Martin-de-Seignanx (220) et l'étang de Cousseau (31).
Champagne Nouveau record aussi pour cette région avec environ 8 850 Grues cendrées (contre 8 760 en 1999) réparties sur les deux sites habituels du lac du Der-Chantecoq (8 550) et le lac du Temple (300). Il semble que l'hivernage atteigne un pallier imputable sans doute à la quantité des ressources alimentaires disponibles
Lorraine La Lorraine atteint, elle-aussi, un hivernage record avec environ 820 Grues cendrées sur 5 sites.
Le département de la Meuse accueille les principaux groupes d'hivernantes avec 400 oiseaux à Billy-les-Mangiennes, 320 à l'étang de Lachaussée et une vingtaine en vallée de la Meuse. La Moselle, quant à elle, héberge 50 grues à l'étang du Bischwald et 27 en vallée de la Nied.
Autres Cinq autres sites classiques dans cinq régions différentes accueillent également des grues en hiver : 75 en baie de l'Aiguillon (Vendée), 73 au lac de Puydarrieux (Hautes-Pyrénées), 23 dans le val d'Allier (Allier), 6 en Camargue (Bouches-du-Rhône) et 1 juvénile à l'étang de Forge-Neuve (Haute-Vienne).
Carte : Localisation des sites d'hivernage

Les sites d'hivernage aquitains
Pierre PETIT (LPO Aquitaine)
Très certainement la Grue cendrée a non seulement hiverné mais aussi niché jusqu'à la fin du 18è siècle dans les "Landes de Gascogne", vaste entité géographique incluse dans l'actuelle Aquitaine. C'était une région de mauvaise réputation, désolée et dangereuse, que les voyageurs évitaient alors de traverser : landes infinies, marais impénétrables et fourrés mystérieux. C'est encore un peu ce type de paysages que préserve le camp militaire de Captieux. Faut-il s'étonner que les grues s'y complaisent, malgré les exercices qui s'y pratiquent ? Un nouvel hivernage a donc débuté vers la fin des années 70, favorisé par la création de vastes cultures de maïs très proches. D'environ 25 individus en 77-78, les effectifs ont progressé irrégulièrement pour atteindre les 7 000 hivernants en 92-93 (une année record) puis s'établir dans une moyenne de 4 000 - 6 000 oiseaux de fin décembre à mi-février.
Le site
d'Arjuzanx. (Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage) est une ancienne mine de lignite à ciel ouvert dont l'exploitation a définitivement cessé en 1992. L'hivernage de la Grue cendrée y a débuté en 1982-83. Puis, après de gigantesques travaux de réhabilitation écologiques, le site a vu littéralement exploser le nombre des hivernantes en 1996-97 avec un chiffre record de 20 000 grues aux dortoirs. Depuis cette date, ce sont plus de 15 000 oiseaux qui sont présents chaque hiver sur Arjuzanx.
Le site du Centre d'Essais (CEA) de Lugos-Le Muret ressemble, en miniature, à celui de
Captieux avec un même paysage de landes humides. Quelques centaines de grues s'y retrouvent en hiver. 
La réserve naturelle de l'étang de Cousseau reste, en définitive, le site le plus "naturel" des Landes de Gascogne qui accueille des grues cendrées en hiver. Jusqu'à présent le nombre des grues hivernantes reste très peu élevé. Les dortoirs sont localisés sur le très grand marais qui jouxte l'étang.
Saint-Martin-de-Seignanx est une réserve de chasse parfaitement aménagée par la Fédération des Chasseurs des Landes sur une zone humide de la vallée de l'Adour où hivernent plusieurs centaines de grues. Mais nous sommes déjà hors de la région des Landes de Gascogne.
Il en est de même du lac de Puydarrieux, lac de retenue collinaire inclus de plus dans la région administrative Midi-Pyrénées. Il accueille quelques dizaines de grues pour la durée de l'hiver.
Tous les sites énumérés ci-dessus reçoivent également des troupes, parfois considérables sur certains d'entre eux, de grues cendrées en stationnement migratoire. Nombreux sont également les grands domaines agricoles où se posent ces oiseaux, l'espace de quelques heures, au gré des conditions météorologiques mais, seul, le manque de quiétude et d'espaces potentiellement favorables au repos nocturne abrège leurs escales.
La migration pré-nuptiale
Premiers mouvements
17/01 - 19/02
La migration pré-nuptiale débute dès le 17 janvier avec des vols observés dans la Marne, la Haute-Marne et la Meuse. Jusqu'au 3 février, celle-ci est très diffuse. Ce n'est qu'à partir du 4 que les vols deviennent quotidiens. Ils concernent surtout des départs des sites français d'hivernage. Arjuzanx, dans les Landes, passe ainsi de 18 690 grues le 14 janvier à 12 700 le 26, 8 150 le 4 février et 6 260 le 15. En Champagne, il n'y a plus que 3 640 individus sur le lac du Der le 12 février. C'est ce même jour que les grues sont le plus remarquées avec au moins 1 160 oiseaux traversant la France.
Cependant, ces mouvements concernent aussi des Grues cendrées ayant hiverné dans la Péninsule ibérique et remontant vers leurs zones de reproduction (au moins 3 200 oiseaux), surtout à partir du 9 février. Gallocanta accueille en effet encore 8 280 individus le 27 janvier mais déjà 29 340 le 17 février, prémices des gros mouvements. Il y a également 9 320 grues à
Captieux le 4 février, provenant pour partie d'Espagne.
La grosse vague 
20/02 - 27/02
Elle commence le 20 février avec 20 000 grues quittant la Sotonera en Espagne en direction des Pyrénées et arrivant dans l'après-midi (5 000 comptées jusqu'à 21h00) et toute la nuit à Captieux en Aquitaine. Une partie de ces oiseaux traversent cependant la France directement comme ces 4 130 individus observés dans l'après-midi en Charente. Le 21, 16 000 à 17 000 Grues cendrées repartent en migration vers le nord-est après avoir stationné à Captieux. Sur ce même site, 10 000 à 20 000 oiseaux arrivent en fin d'après-midi en provenance d'Espagne (où 8 000 sont parties de la Sotonera). C'est surtout dans le nord de la Dordogne (13 800 grues) et en Haute-Vienne (18 400 individus comptés de 15h30 à 22h00) que la migration est la plus remarquée. Enfin, les 1 380 grues vues dans l'Aube dans l'après-midi proviennent sans doute des oiseaux passés en Aquitaine dans la nuit précédente. Le 22, un nouveau départ des sites aquitains se produit, concernant au moins 12 460 grues dont 6 000 partent de Captieux en fin de matinée. Comme la veille, le Limousin est en bonne place pour l'observation de ces mouvements : 12 410 grues comptées en Haute-Vienne de 15h30 à 17h00. En Champagne, 10 000 oiseaux migrent sans s'arrêter au-dessus du lac du Der et 5 000 y arrivent le soir. Au moins 23 570 oiseaux transitent donc en France cette journée. Enfin, ce même jour, 15 000 à 18 000 grues partent en migration de la Sotonera vers le nord. Le 23, il y a 12 730 Grues cendrées sur le lac du Der consécutivement aux arrivées de la veille et plus de 10 000 à Captieux. En Espagne, 8 000 à 10 000 grues quittent encore la Sotonera en direction du nord. Les mouvements observés dans l'Yonne et en Champagne permettent de quantifier les passages non-stop des grues parties la veille d'Espagne. Sur le lac du Der notamment, 12 200 repartent en migration et se joignent aux 5 300 qui passent sans s'arrêter. A ces grues, il convient d'en ajouter 10 000 arrivant le soir pour se poser sur ce site. Le 24, il y a ainsi 13 500 oiseaux comptés sur le lac du Der mais la migration fait une pause en France (au moins 450 individus) sans doute à cause du mauvais temps. A Gallocanta, 22 350 grues sont dénombrées ce jour, 4 650 repartant en migration vers le nord alors que 13 400 autres arrivent du sud ! A la Sotonera, 10 000 repartent vers le nord mais beaucoup reviennent à cause du mauvais temps. Le 25 est également une journée plus calme avec au moins 1 940 oiseaux en migration. Ce même jour, 7 000 à 8 000 grues cendrées quittent la Sotonera en direction du nord. 
Le 26, un deuxième gros mouvement s'amorce concernant au moins 11 240 Grues cendrées dont au moins 8 050 parties d'Aquitaine le matin. Le 27, enfin, c'est la fin de cette grosse vague avec encore au moins 18 800 oiseaux dont 18 100 parties d'Aquitaine le matin et observées en Charente. Il y a encore 11 880 individus présents sur le lac du Der le matin.
Ces 8 jours de migration ont donc semble-t-il concerné au moins 95 320 Grues cendrées dont apparemment au moins 81 320 en provenance d'Espagne ! Ces mouvements ont donc été particulièrement rapides et concentrés, du jamais vu pour l'espèce.
Carte : Nombre cumulé de grues cendrées lors de la grosse vague du 20 au 27 février 2000.

Des mouvements moins importants 28/02 - 07/03 A partir du 28 février et jusqu'au 7 mars, on assiste en fait à la fin des mouvements précédents. Les passages sont aussi réguliers et rapides mais concernent nettement moins d'oiseaux (quand même au moins 12 570 Grues cendrées pour ces 9 jours).
Les sites de stationnement habituels sont faiblement occupés pour l'époque. Le 2 mars, il n'y a plus que 2 790 grues sur le lac du Der et 5 810 le 5.
Les 2 et 3 enfin, il faut signaler un passage non négligeable d'oiseaux par le versant est des Pyrénées. Ainsi, le 2, 745 migrent sur la côte orientale de l'Aude de 09h00 à 13h00 et le 3, 250 grues sont vues dans les Pyrénées-Orientales et 800 à 900 de nouveau dans l'Aude.
Fin de la migration
09/03 - 17/03
Durant cette période, la migration ralentit nettement mais les vols restent quotidiens. Ces 9 jours totalisent au moins 1 740 Grues cendrées. Il y a encore 3 810 oiseaux sur le lac du Der le 12.
Les attardées 
19/03 - 24/04
A partir du 19 mars et jusqu'au 24 avril, la migration devient très diffuse. Seules 9 journées enregistrent des mouvements pour un total d'au moins 590 Grues cendrées. Il s'agit sans doute d'immatures non reproducteurs peu pressés de regagner des contrées plus nordiques. Certaines grues en profitent d'ailleurs pour stationner quelque temps sur certains sites inhabituels avant de repartir. Les derniers vols de grues en migration active sont notés le 16 avril en Ille-et-Vilaine (4 individus), le 17 en Meuse (127 oiseaux) et le 24 en Haute-Corse (2 grues). Cette dernière donnée concerne peut-être une partie des oiseaux observés dans l'île à l'automne.
Il faut souligner que le total des Grues cendrées observées en migration pré-nuptiale en France s'élève à environ 137 000 individus (en comptant les 37 200 hivernantes) ! Ce chiffre laisse perplexe et plusieurs hypothèses peuvent l'expliquer. La plus plausible est sans doute la surestimation de certains gros vols lors de la grosse vague et/ou à un double comptage d'oiseaux sur le trajet migratoire. La population ouest-européenne est en effet estimée à environ 120 000 individus par nos collègues allemands. Cependant, il pourrait correspondre tout à fait à la réalité (cela ne fait que 14 % de plus par rapport aux 120 000). La moyenne des effectifs des deux migrations observées en France s'élève à environ 125 000 Grues cendrées, chiffre sans doute très proche de l'effectif de cette population. 
Le Réseau Grues France 
Animé par la Ligue pour la Protection des Oiseaux Champagne-Ardenne, le Réseau Grues France regroupe tous les organismes et associations français s'intéressant de près ou de loin aux Grues cendrées.
Son rôle est de s'avertir mutuellement des mouvements migratoires de cette espèce pour être ainsi en alerte afin de mieux connaître les grues et informer les médias et le grand public.
Il a édité un autocollant " Réseau Grues France " disponible auprès de la LPO Champagne-Ardenne (15 F l'unité + 3 F de frais de port).

Les membres du réseau Grues France

Grues baguées, que noter ?
Les bagues Chaque année, de nombreuses grues sont baguées sur leurs sites de reproduction mais aussi sur les zones d'hivernage espagnoles. Chaque grue est ainsi équipée de bagues couleurs qui permettent de la reconnaître individuellement. 

Si vous observez une grue porteuse de bagues, n'oubliez pas d'indiquer : 
- la couleur et la position de chaque bague ;
- la date et l'heure ;
- la commune et le département d'observation ;
- son âge (adulte ou jeune) ;
- le milieu dans lequel elle se trouve (culture, prés, etc...) ;
- si elle est accompagnée, s'il s'agit d'un groupe familial (les familles restent unies pendant tout l'hiver) ou bien d'oiseaux sans lien de parenté ;
- la position de la bague métal lorsqu'elle est visible (elle peut aider à identifier une grue dont le code serait incomplet) ;
- tout renseignement utile : distance d'observation, matériel utilisé, conditions météorologiques et lumineuses .

Transmettez vos lectures de bagues colorées à votre association locale qui les communiquera à la LPO Champagne-Ardenne, responsable nationale de la centralisation.

L'ensemble des données récoltées par le Réseau Grues France permet de visualiser le couloir principal de migration. Il est présenté sur la carte ci-dessous. Cette saison, 68 départements ont fourni au moins une donnée de grues en migration et 33 totalisent plus de 10 journées avec des données de grues (carte ci dessous).

 

Retrouvez le voyage des Grues cendrées 
à travers deux ouvrages : 

* La route des grues (Famille BERTRAND) : 12 € +  port

* Le Ballet des Grues (Vincent MUNIER et Alain SALVI) : 15 € +  port

Bon de commande


Cette synthèse a été réalisée grâce aux données des nombreux observateurs à travers la France et au soutien financier de la DIREN Champagne-Ardenne et d'Electricité de France Gironde.

Pour retourner au sommaire

 

Pour retourner à la page précédente