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Cette semaine sur le Der : le Fuligule milouin

Fuligule milouin mâle et femelle, étang du grand Coulon Le Fuligule milouin est un canard plongeur au dimorphisme sexuel marqué. Le mâle à la tête brun-roux, les yeux rouges, le corps gris et noir à contraste marqué. La femelle quant à elle est plus terne, au plumage gris et brun avec peu de contraste.
 Nicheur régulier sur les étangs piscicoles de Champagne-Ardenne,  le Fuligule milouin est observé en plus grand nombre en hiver. Les individus hivernants seraient en majorité des oiseaux provenant du nord et de l’est de l’Europe.
 L’espèce est à surveiller car ses effectifs sont en baisse dans de nombreux pays d’Europe, ce qui lui a valu d’être inscrite en tant qu’espèce vulnérable sur la liste rouge européenne.

 

Extrait de l'atlas des oiseaux de Champagne-Ardenne

"Occupant le Paléarctique occidental, le Fuligule milouin se reproduit du Portugal au lac Baïkal, en Russie, en passant par l’Irlande ou la Scandinavie. En France, on peut considérer que la population nicheuse est présente de manière plus ou moins continue dans les deux tiers nord du pays.

 

Nicheur sur les étangs piscicoles

La population champenoise, installée dans les années 1960, comptait de 80 à 150 couples dans les années 1980. Elle peut être considérée comme stable depuis cette époque et a été estimée en 2010 entre 100 et 200 couples [1], à partir des nichées observées, ce qui constitue un minimum. Ce canard plongeur niche majoritairement sur les étangs peu profonds, même ceux de superficie modeste (1-2 ha) à condition qu’ils soient pourvus d’une abondante végétation aquatique (myriophylles, cératophylles, renoncules aquatiques) et d’îlots à la végétation dense ceinturés par une large phragmitaie. Ceux de Champagne humide (25-50 couples dont 10 à 20 couples sur les étangs d’Outines-51) et ceux d’Argonne (50 à 100 couples) sont plébiscités. Plus à l’ouest, les étangs forestiers du massif d’Épernay-51 et de la Brie champenoise abritent 10 à 20 couples. Les gravières du Perthois avec moins de 5 couples s’avèrent peu favorables alors qu’elles hébergent d’importants effectifs de Morillons et Nettes rousses. Le comblement des bassins d’Attigny et de Saint-Germainmont-08, où nichaient les meilleures années jusqu’à 5 couples pour les 2 sites, a provoqué la disparition des nicheurs dans le département. Les couples se forment lors de l’hivernage et restent souvent unis pendant la ponte. Les nichées les plus précoces sont signalées à la mi-mai mais c’est en juin que se produisent la plupart des éclosions, même si certaines tardives sont parfois notées jusque fin juillet. L’envol des jeunes s’échelonne donc logiquement de mi-juillet à mi-septembre.

 

Des concentrations estivales

Les mâles, qui laissent aux femelles le soin de l’incubation et de l’élevage des jeunes, commencent à se rassembler à partir de fin juin sur des grands sites non dérangés et riches en nourriture pour effectuer leur mue. Durant cette période, ils sont incapables de voler. Les femelles, ainsi que d’autres individus provenant des régions voisines [2], les rejoignent progressivement en août. L’étang de la Horre-10-52, le lac d’Orient-10, le lac du Der-51-52 sont régulièrement utilisés à cet effet mais dans des proportions assez variables au fil des années, illustrant une certaine complémentarité. Ainsi l’étang de la Horre qui accueillait 600 à 1 000 oiseaux en juillet à partir de 1983 a connu une baisse de sa fréquentation à partir des années 1990 et 2000 avec au mieux une centaine d’oiseaux, avant de voir l’espèce revenir dans les années 2010 (700 à 950 individus en juillet entre 2011 et 2013). Le lac du Der, particulièrement occupé dans les années 1990 (900 le 2 juillet 1994 et plus de 5 000 le 17 août 1999), ne connaît plus le même niveau de concentration dans les années 2000. En revanche, le lac d’Orient est fréquenté par plus de 1 000 oiseaux en juillet de 2002 à 2011 (jusqu’à 2 499 le 19 juillet 2009). Toutefois, ce dernier site a toujours été massivement occupé en août et septembre (3 000 à 5 000 entre 1992 et 1998, puis 6 000 à9 000 entre 1999 et 2010, record de 9 293 le 26 août 2001), mais a récemment perdu de son attractivité (500-600 oiseaux à partir de 2011 à 2015). À cette époque de l’année, bon nombre de Milouins sont susceptibles de provenir de zones assez éloignées, comme l’atteste la reprise d’un mâle né en Lettonie en 1991 et prélevé en Argonne le 8 septembre de la même année, ou encore l’observation d’un mâle forézien sur le lac d’Orient le 20 août 2010. [...]"

 

 

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