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Cette semaine sur le Der : le Milan royal

Milan royal par D. FourcaudLe Milan royal est un rapace diurne européen, migrateur partiel. C’est un rapace opportuniste qui chasse ses proies (rongeurs, amphibiens, reptiles, insectes, etc.) ou se nourrit de cadavres. 
Le Milan royal vit dans des milieux mixtes de boisements et d’espaces ouverts (champs, prairies, …) dans lesquels il peut nicher et chasser. C’est un oiseau qui se reconnaît facilement grâce à ses longues ailes et sa queue fortement échancrée, Il se distingue du Milan noir par ses couleurs beaucoup plus vives. Dans la région, l’espèce est souvent observée en migration et la population nicheuse ne compte plus qu’une cinquantaine de couples, relique des plus de 500 couples qui nichaient dans les années 1970/80.

 

Extrait de l'atlas des oiseaux de Champagne-Ardenne

"La population mondiale de Milan royal est limitée à l’Europe occidentale. Elle est constituée d’un peu plus de 20 000 couples répartis principalement en Allemagne, France, Espagne, Suisse, Suède et Royaume-Uni. En France, l’espèce est présente dans les plaines du nord-est, le Jura, le centre du Massif central, le piémont pyrénéen et la Corse.

Population nicheuse aujourd’hui limitée à la Haute-Marne

Suite à une importante phase d’expansion dans les années 1970 et 1980, le Milan royal était principalement réparti dans les départements les plus herbagers que sont les Ardennes et la Haute-Marne, ce dernier abritant à lui seul la moitié des 480-550 couples estimés à l’époque, soit 15 % des effectifs nationaux d’alors. Il était difficile d’imaginer, au vu d’une situation aussi florissante, que l’espèce serait au bord de l’extinction vingt ans plus tard. Un déclin aussi rapide que conséquent s’est en effet produit au début des années 1990 puis s’est poursuivi de manière plus modérée jusqu’au début des années 2000. L’espèce n’a réussi à se maintenir qu’en Haute-Marne et a disparu des 3 autres départements (dernier cas de nidification en 2001 dans l’Aube). L’ampleur de la régression est évaluée à au moins 90 %, puisque seulement 25 couples sont estimés en 2010. Toutes les régions limitrophes du nord-est sont touchées à peu près dans les mêmes proportions (Alsace, Bourgogne, Lorraine, Franche- Comté). Les causes, probablement d’ordre alimentaire, ne sont pas connues avec précision mais elles se manifestent par une chute drastique de la productivité. La radicale mutation de l’agriculture transformant les surfaces enherbées en champs de céréales est toutefois vraisemblablement le facteur majeur de cette régression rapide. En 2015, la population régionale de Milan royal est toujours estimée à 25-30 couples uniquement répartis en Haute-Marne et plus précisément dans le Bassigny, de Bourmont à Langres (20 couples) auxquels s’ajoutent quelques couples dans les vallées les plus favorables de ce département (Rognon, Blaise, Blaiseron, Marne). La présence récente de l’espèce en période de nidification dans certains secteurs favorables des Ardennes (vallée de la Sormonne, vallée de la Chiers, Argonne) laissent présager sa nidification alors que la Marne et l’Aube sont toujours délaissées.

Fidèle au site de reproduction

Les couples expérimentés, plus attachés à leur site de nidification qu’à leur nid, reviennent dès la mi-février. Certains territoires du Bassigny sont ainsi occupés par plusieurs générations de milans depuis plus de vingt ans. Le site de nidification typique est une futaie de chêne dans un fond de vallée ou un coteau exposé à l’est ou au sud-est. Dans ce dernier cas, l’arbre porteur du nid est bien souvent un frêne ou un hêtre. À l’approche de la ponte, le nid est systématiquement garni de laine de mouton sur laquelle la femelle déposera 1, 2 ou 3 œufs (exceptionnellement 4, un seul cas constaté en Champagne-Ardenne) entre le 20 mars et le 15 avril. Les nids de Milan royal ont la particularité de contenir des déchets plastiques en tout genre, une caractéristique qu’il partage avec le Milan noir. La ponte sera d’autant plus précoce et fournie que les conditions météorologiques sont clémentes et les ressources alimentaires abondantes, en particulier lors des années de pullulation de micromammifères comme en 2007, 2011 ou 2015. Les poussins naissent aux alentours de la mi-mai et prennent leur envol dans la seconde quinzaine de juin. Le suivi de 248 nids entre 1997 et 2015 met en évidence que les nichées sont en moyenne composées de 1,91 juvénile et que le nombre de poussins parvenant à l’envol est de 1,26 par couple reproducteur. Ces poussins fraîchement envolés resteront sous la dépendance des parents pendant environ un mois et se disperseront très vite dans les alentours. Ainsi, 1 jeune volant mais encore sur le nid le 7 juillet se trouvait déjà à 28 km du nid qui l’a vu naître 17 jours plus tard. De la fin du mois de juillet à début septembre, l’espèce s’avère particulièrement discrète.[...]"

 

 

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