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Le jardin de nature de Pierre et Josiane

P1050293web Copie Cela fait 20 ans que nous sommes arrivés à Ponthion. Nous avons été séduit par l’espace de 5000 m² presque tout en verger de vieux fruitiers abandonnés, avec une prairie en friche. Nous y avons observé deux fois une mante religieuse.

Nous aurions bien aimé le garder tel quel mais il fallait que je m’installe un bâtiment professionnel (300 m²) ainsi qu’un chemin d’accès (150 m). Donc des grosses modifications. Nous avons tout de suite planté des haies vives aux abords des limites de propriété (200 m), avec des plants forestiers achetés chez la pépinière Nodet en prenant tout ce qui était indigène à notre région. Ensuite nous avons créé trois petites mares, un poulailler, un potager, posé des nichoirs, et bien sûr installé des ruches.  

 

La tempête de 1999 a déraciné et cassé de nombreux vieux arbres fruitiers. Nous avons donc replanté à coté, de jeunes fruitiers.  J’ai essayé de semer des plantes mellifères, des plantes messicoles pour les insectes butineurs mais j’ai très vite arrêté préférant favoriser la flore spontanée même si elle n’est pas très spectaculaire. Je tonds des allées en laissant des ilots fauchés une fois par an ou pas du tout.  Nous laissons les arbres morts en place et replantons à côté. Les insectes y font des galeries, Les pics épeiche y font des trous et les abeilles sauvages en profitent aussi en y pondant. Nous nous chauffons en partie au bois, il y a donc tout le temps des tas de bois, des endroits de fouillis avec des ronces et des orties propices à la reproduction des papillons.

 

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Nous n’utilisons pas de pesticides évidemment, le chemin est entretenu par le simple passage des roues laissant une bande enherbée au milieu. L’aménagement des abords de la maison a été pensé de façon à ne pas avoir besoin de désherber. Tondeuse et débroussailleuse à fil uniquement. Même le trottoir est enherbé, laissant un beau parterre de marguerites fleurir. Après il est tondu régulièrement. Nous avons très peu de plantes horticoles, uniquement autour de la maison. Ne restent que les plantes ne demandant pas d’entretien et qui résistent à l’envahissement des autres herbacés.

 

L’espèce animale qui caractérise notre jardin de nature est le pic épeiche présent depuis le début, visible presque tous les jours. L’espèce végétale, c’est la berce commune et chez nous avec la bonne terre que nous avons elle peut devenir très grande et parfois étouffante pour notre espace vital. Cet espace varie selon les personnes et notre capacité d’acceptation du « sauvage ». Pas facile d’intervenir quand on se pose cette question. Est-ce bien nécessaire, en quoi cela me gêne ? avons-nous besoin de tant gérer, de tant maitriser notre environnement ? et pourquoi cette nature sauvage nous fait-elle si peur ?

 

En tous cas, pour nous notre jardin est beau parce qu’il est vivant ! 

 

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