Cette semaine sur le Der

Cette semaine sur le Der : l'Oie des moissons

Oies des moissons par D. FourcaudAutrefois l’oie la plus abondante en hiver en Champagne, l’Oie des moissons fait aujourd’hui partie des oies les plus rares. En effet, jusqu’à la fin des années 80, plusieurs milliers d’individus y hivernaient, allant même jusqu’à atteindre 4 050 en 1987 ! Depuis, les effectifs hivernants n’ont cessé de chuter. Aujourd’hui, les maximums observés chaque année peinent à dépasser la centaine d’individus… Pourtant, l’Oie des moissons est encore chassable. Sur le lac du Der, cette oie s’observe davantage sur la partie nord et notamment à la Pointe du Port de Nuisement (n°1 sur la carte). Il est alors fréquent d’observer des groupes partant en vol en direction des cultures.

 

Extrait de l'atlas des oiseaux de Champagne-Ardenne

"L’Oie des moissons niche dans la partie septentrionale de l’Eurasie et sur l’ensemble de la Sibérie. Les populations nicheuses européennes se trouvent en Russie (132 000-140 000 couples nicheurs), Finlande (1 500-2 000), Suède (650-1 000) et Norvège (230-465). Dans le Paléarctique occidental, l’Oie des moissons est séparée en deux sous-espèces, considérées par certains auteurs comme deux espèces à part entière du fait, entre autres, d’un habitat de nidification bien différent leur ayant valu leur nom : Oie de la toundra A. f. rossicus (toundra sibérienne) et Oie de la taïga A. f. fabalis (Fennoscandie et plaine de Sibérie occidentale).

Une oie autrefois très abondante

Régulière dès le XIXe siècle au moins, l’Oie des moissons fut la première oie à venir hiverner en Champagne, avec des effectifs fluctuant de quelques centaines à quelques milliers d’individus. Dans les années 1930, suite à sa création, le réservoir de Champaubert-51, prédécesseur du lac du Der-51-52, devint une base d’hivernage privilégiée. L’étang de la Horre-10-52, autre site occupé par 200 à 400 individus à partir des années 1950, se trouva délaissé après la création du lac d’Orient-10, plus tranquille et plus vaste. Entre 1969 et 1974, un troisième site fut régulièrement fréquenté par 25 à 55 oiseaux : l’étang de Belval-en-Argonne-51. À partir de cette époque, les effectifs d’Oie des moissons sont suivis avec attention. L’hiver 1978-1979 constitue à la fois un cas particulier et le point de départ d’une nette évolution : la vague de froid entraîne l’apparition d’Oies des moissons un peu partout dans la région (Champagne crayeuse, Brie, Argonne). Leur nombre total atteint alors 1 550 individus en janvier 1979 et 3 750 en février 1979. Les effectifs hivernants culminent en 1981 et 1982 à 2 200 oiseaux puis varient de 1 050 à 1 450 dans les années 1980. C’est également à cette époque que sont notés les maxima régionaux (4 050 en février 1987 et 3 850 en janvier 1982). Le début des années 1990 annonce les prémices d’une lente érosion des effectifs. La barre des 1 000 hivernants est atteinte pour la dernière fois en 1992. Mis à part quelques soubresauts liés à des vagues de froid, l’effectif avoisine plutôt les 500 au cours des années suivantes. Les hivers récents (2012 à 2015) sont nettement en deçà, avec 200 à 350 : l’hivernage ne dépasse plus 100 individus sur le lac d’Orient et 200 sur le lac du Der, bien loin donc des quelques milliers d’oiseaux des années 1980. L’Oie des moissons est désormais la plus rare des trois espèces d’oies hivernant régulièrement sur les grands lacs de Champagne humide. [...]"

 

 

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