Une semaine, une espèce

Macreuse brune

Macreuse brune Date de parution dans le JHM : 29 décembre 2019

Longue de 58 cm pour un poids pouvant atteindre 2 kilos, la Macreuse brune (Melanitta fusca) est un gros canard nordique dont quelques individus seulement fréquentent annuellement les grands lacs champenois et quelques ballastières ardennaises, généralement entre la mi-novembre et la fin-mars.

Le mâle est reconnaissable à son plumage noir brillant, une barre alaire blanche surtout visible en vol et un petit croissant blanc qui souligne l’œil. La femelle s’en distingue par son plumage brun foncé et sa tête ornée d’une ou deux taches blanchâtres. Son bec est noirâtre alors que celui du mâle est jaune avec une base noire et bombée. Le juvénile est globalement semblable à la femelle.
La Macreuse noire hiverne essentiellement sur les eaux côtières peu profondes. Sur nos plans d’eau, qui accueillent principalement des femelles et des juvéniles, elle fréquente surtout les secteurs les plus profonds où on la voit souvent se nourrir d’écrevisses. Quittant ses quartiers d’hivernage en mars, elle rejoint ses sites de nidification dans la toundra ou au bord des lacs d’altitude du grand nord en mai-juin. La femelle couve seule ses 5 à 9 oeufs pendant 4 semaines et perd alors jusqu’à un quart de son poids. Elle couve encore ses poussins pendant une à trois semaines, ceux-ci sont capables de voler à l’âge de 50 à 55 jours.

De multiples menaces et un déclin marqué pour une espèce classée « vulnérable »

La Macreuse brune a perdu entre un tiers et la moitié de sa population mondiale en 3 générations soit un vingtaine d’années. Se propulsant sous l’eau à l’aide de ses pattes et de ses ailes, elle peut descendre jusqu’à 40 mètres de profondeur pour attraper les mollusques et les petits poissons dont elle se nourrit lorsqu ‘elle hiverne en mer et se trouve souvent prise dans des filets de pêche. Elle est également affectée par la pollution et par les champs d’éoliennes en mer qui tuent de nombreux oiseaux en migration. Sur ses lieux de nidification, le dérangement et certains prédateurs tels que les goélands peuvent impacter fortement le succès de reproduction. C’est aussi une espèce chassée dans un certain nombre de pays dont la France.

Gérard Rolin

 

 Chaque semaine, le magazine dominical du Journal de la Haute-Marne publie une rubrique intitulée « Une semaine, une espèce ». Les articles sont rédigés par la LPO Champagne-Ardenne et BirDer.
 

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