Une semaine, une espèce

Martre des pins

Martre des pins Date de parution dans le JHM : 24 mai 2020

Ce petit carnivore (36 à 56 cm pour un poids de 800 g à 2,2 kg) est animal essentiellement forestier. La martre des pins (Martes martes) a un pelage brun avec une bavette jaunâtre sur la gorge.

Ses larges oreilles, sa queue touffue et ses longues pattes la différencient des autres mustélidés. Solitaires, mâle et femelle occupent des territoires proches de leur domaine vital.
Excellente grimpeuse et cavernicole, la martre s’abrite dans des cavités d’arbres ou des vieux nids (pics, chouettes, rapaces). Agile et rapide, elle se déplace à terre lorsqu’elle chasse. Son régime alimentaire est très varié : écureuils (dont elle est la principale prédatrice), petits rongeurs (campagnols, mulots, musaraignes), batraciens, baies et fruits, insectes et, dans une moindre proportion, œufs et oiseaux.
Généralement silencieuse, elle émet des cris perçants pendant le rut et grogne au cours des poursuites qui précèdent la copulation. La femelle peut s’accoupler avec plusieurs mâles en été mais la gestation est différée de huit mois et la naissance de trois à quatre petits a lieu en avril-mai de l’année suivante. La femelle s’occupe seule de la portée. A dix semaines, les jeunes sont sevrés et apprennent à grimper et à chasser. A six mois, ils prennent la coloration et la taille des adultes.
La femelle atteint la maturité sexuelle à 16 mois et le mâle à 25 mois. La martre peut vivre dans la nature une dizaine d’années mais en réalité sa longévité varie, en moyenne, de 4 à 5 ans.

Rôle sanitaire

L’espèce peut s’attaquer aux faisans ou aux perdrix d’élevage. Ce gibier de repeuplement, lâché dans la nature par les chasseurs au moment où les prédateurs recherchent des ressources alimentaires supplémentaires pour l’élevage des jeunes, constitue une proie facile et attrayante. Cette prédation lui vaut d’être classée parmi les espèces susceptibles d’être nuisibles selon les départements. Elle peut donc être chassée et piégée. Or, la martre élimine principalement des animaux malades ou faibles et joue un précieux rôle sanitaire en évitant les épizooties.

Louis Parisel

Le Grèbe jougris (Podiceps grisegena)

 

La famille des grèbes compte 5 espèces en Europe dont 2, les grèbes huppé et castagneux, nichent communément dans notre région. Le Grèbe à cou noir n’y fréquente régulièrement que 2 sites de nidification et le Grèbe jougris, qui nous intéresse aujourd’hui, est chez nous un migrateur peu commun et un hivernant rare et ne se reproduit qu’occasionnellement sur nos plans d’eau depuis une trentaine d’années,  son aire de nidification se situant essentiellement à l’est d’une ligne allant du Danemark à la Grèce jusqu’au Kamchatka. Il est également présent sur le continent américain.

 

Un peu plus petit que le Grèbe huppé, le Grèbe jougris se reconnaît en plumage internuptial à son cou plus court, plus épais et plus sombre et à son bec sombre à base jaune et non pas rose. En plumage nuptial, l’identification est beaucoup plus aisée, l’adulte ayant une calotte noire, les joues et la gorge grises et le cou roux.

Il niche ordinairement sur de petits plans d’eau peu profonds aux berges envahies de roseaux et de buissons de saules. Le nid, une plateforme flottante ancrée à la végétation, accueille 4 œufs à partir de mai. Sur nos lacs artificiels sur lesquels le Grèbe jougris essaie de s’installer, la baisse de niveau en cours de saison affecte le succès de reproduction et cela explique peut-être qu’un couple installé de 2009 à 2014 n’ait réussi à élever que 2 jeunes en 6 ans.

 

Une technique de pêche qui évolue avec l’âge

Bon nageur, comme tous les grèbes, il se nourrit principalement de petits crustacés, d’insectes aquatiques et de leurs larves et de petits poissons. 

La plupart des Grèbes jougris hivernent en mer, dans une bande côtière dont la profondeur n’excède pas 20 mètres. Les oiseaux de première année s’associent souvent aux Macreuses brunes qui fouillent le substrat à la recherche de mollusques et autres proies et consomment essentiellement les vers ainsi délogés. Les adultes, quant à eux,  se nourrissent surtout d’éperlans qu’ils poursuivent sous l’eau et font remonter vers la surface. Cela leur vaut parfois d’être pris dans des filets de pêche, la principale menace pour cette espèce avec développement des activités nautiques, source de dérangement et de destruction de la végétation des berges sur les plans d’eau où il niche. Sa population, de l’ordre de 35.000 couples pour l’Europe et l’Asie, est toutefois globalement stable.

 

                                                                                              Gérard ROLIN

 

 

 Chaque semaine, le magazine dominical du Journal de la Haute-Marne publie une rubrique intitulée « Une semaine, une espèce ». Les articles sont rédigés par la LPO Champagne-Ardenne et BirDer.
 

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