Une semaine, une espèce

Lièvre d'Europe

Lièvre d'Europe Date de parution dans le JHM : 17 mai 2020

Ce grand lagomorphe mesure de 48 à 70 cm et pèse de 2,5 à 7 kg. Son pelage est de couleur fauve avec des poils noirs. Son ventre est blanc crème.

Corps élancé, grandes oreilles (12 à 14 cm) aux extrémités noires, queue touffue au-dessus noir et longues pattes postérieures musclées le différencient du Lapin de garenne. II peut atteindre une vitesse de 70 km/h. Il est actif à l’aube et au crépuscule. Son bon odorat et son excellente ouïe compensent sa myopie oculaire. Son régime alimentaire se compose de : plantes herbacées sauvages ou cultivées, baies, graines, légumes racines (betteraves), écorces, rameaux, bourgeons, boutons floraux ou fruits. Le Lièvre d'Europe (Lepus europaeus) a une digestion particulière : il réingère des boulettes muqueuses émises par l’anus pour les digérer une seconde fois et produire ensuite de véritables crottes.
Sédentaire, il aime les terrains découverts (prairies, plaines cultivées) et apprécie également les clairières, les bosquets et les haies qui lui procurent des sites de gîte.

Mortalité importante

Sociable, uniquement solitaire pendant son repos diurne, il vit en petits groupes durant la nuit. Au moment des parades nuptiales, de janvier à septembre, plusieurs mâles et femelles s’adonnent à des courses folles et des combats rituels. C’est le "bouquinage".
Le phénomène de superfoetation permet à la femelle de s’accoupler quelques jours avant la fin de la gestation précédente et a donc, pendant un court délai, une portée de levrauts prêts à naître et une autre de tout petits embryons. Elle fait d’une à quatre portées de trois petits en moyenne. Les jeunes peuvent se déplacer dès la naissance et sont sevrés à deux mois. Seule, la hase s’en occupe. Leur croissance est très rapide et après 150 jours, ils atteignent le poids adulte.
La mortalité du Lièvre est importante : maladies parasitaires et bactériennes, prédation, destruction par les machines agricoles lors des fauches, circulation routière et chasse. La culture intensive est parfois à l’origine d’empoisonnements par les pesticides.

Louis Parisel

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Le Grèbe jougris (Podiceps grisegena)

 

La famille des grèbes compte 5 espèces en Europe dont 2, les grèbes huppé et castagneux, nichent communément dans notre région. Le Grèbe à cou noir n’y fréquente régulièrement que 2 sites de nidification et le Grèbe jougris, qui nous intéresse aujourd’hui, est chez nous un migrateur peu commun et un hivernant rare et ne se reproduit qu’occasionnellement sur nos plans d’eau depuis une trentaine d’années,  son aire de nidification se situant essentiellement à l’est d’une ligne allant du Danemark à la Grèce jusqu’au Kamchatka. Il est également présent sur le continent américain.

 

Un peu plus petit que le Grèbe huppé, le Grèbe jougris se reconnaît en plumage internuptial à son cou plus court, plus épais et plus sombre et à son bec sombre à base jaune et non pas rose. En plumage nuptial, l’identification est beaucoup plus aisée, l’adulte ayant une calotte noire, les joues et la gorge grises et le cou roux.

Il niche ordinairement sur de petits plans d’eau peu profonds aux berges envahies de roseaux et de buissons de saules. Le nid, une plateforme flottante ancrée à la végétation, accueille 4 œufs à partir de mai. Sur nos lacs artificiels sur lesquels le Grèbe jougris essaie de s’installer, la baisse de niveau en cours de saison affecte le succès de reproduction et cela explique peut-être qu’un couple installé de 2009 à 2014 n’ait réussi à élever que 2 jeunes en 6 ans.

 

Une technique de pêche qui évolue avec l’âge

Bon nageur, comme tous les grèbes, il se nourrit principalement de petits crustacés, d’insectes aquatiques et de leurs larves et de petits poissons. 

La plupart des Grèbes jougris hivernent en mer, dans une bande côtière dont la profondeur n’excède pas 20 mètres. Les oiseaux de première année s’associent souvent aux Macreuses brunes qui fouillent le substrat à la recherche de mollusques et autres proies et consomment essentiellement les vers ainsi délogés. Les adultes, quant à eux,  se nourrissent surtout d’éperlans qu’ils poursuivent sous l’eau et font remonter vers la surface. Cela leur vaut parfois d’être pris dans des filets de pêche, la principale menace pour cette espèce avec développement des activités nautiques, source de dérangement et de destruction de la végétation des berges sur les plans d’eau où il niche. Sa population, de l’ordre de 35.000 couples pour l’Europe et l’Asie, est toutefois globalement stable.

 

                                                                                              Gérard ROLIN

 

 

 Chaque semaine, le magazine dominical du Journal de la Haute-Marne publie une rubrique intitulée « Une semaine, une espèce ». Les articles sont rédigés par la LPO Champagne-Ardenne et BirDer.
 

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