Une semaine, une espèce

Cerf élaphe

Cerf élaphe Date de parution dans le JHM : 8 mars 2020

Son nom est un pléonasme car élaphe signifie déjà Cerf en grec. C’est le plus grand mammifère herbivore ruminant de la famille des cervidés et peut peser jusqu’à 250 kg pour une longueur variant de 160 à 250 cm et une taille au garrot d’un mètre à 1,50 m.

Les femelles sont plus petites et ne pèsent pas plus de 140 kg. D’abord faon, puis hère et daguet, le Cerf (Cervus elaphus) adulte porte des bois ramifiés (cors, andouillers) qui tombent à la fin de chaque hiver. Son pelage estival brun-roux devient gris-brun en automne.
Faon jusqu’à 1 an, bichette puis Biche à 2 ans, elle est suitée lorsqu’elle est accompagnée d’un jeune. Le Cerf fréquente tous les milieux mais reste attaché à la forêt pour sa protection. Chassé, il peut effectuer des bonds de plus de 8 mètres et atteindre une vitesse de 70 km/h. Actif au crépuscule et à l’aube, il est très sociable et vit en hardes de sexes séparés de janvier à août. Les vieux mâles sont solitaires. La période du rut, caractérisée par le brame du Cerf et des combats violents, dure de mi-septembre à mi-octobre, parfois plus. Des harems sont alors constitués avec un mâle dominant qui aura écarté tous les prétendants. La gestation s’étend sur 240 jours en moyenne et la naissance de l’unique faon a lieu entre mi-mai et mi-juin. Il est brun-clair tacheté de blanc et suit sa mère à deux semaines. Il sera sevré entre 6 et 10 mois.

Population à surveiller

Représentant le prestige des grands domaines de chasse, le Cerf constitue une source importante de revenus. Avec l’introduction de Cerfs d’élevage, le nourrissage et la disparition des grands prédateurs tel que le Loup, l’espèce connaît les mêmes problèmes de surpopulation que le sanglier. La densité varie selon la richesse des milieux. Bien implantées dans les grands massifs boisés de Champagne-Ardenne, les populations ont colonisé récemment de nouveaux massifs. Comme les autres cervidés, le Cerf est soumis à un plan de chasse dans la mesure où il peut provoquer des dégâts importants dans les cultures et les jeunes peuplements forestiers.

Louis Parisel

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Le Grèbe jougris (Podiceps grisegena)

 

La famille des grèbes compte 5 espèces en Europe dont 2, les grèbes huppé et castagneux, nichent communément dans notre région. Le Grèbe à cou noir n’y fréquente régulièrement que 2 sites de nidification et le Grèbe jougris, qui nous intéresse aujourd’hui, est chez nous un migrateur peu commun et un hivernant rare et ne se reproduit qu’occasionnellement sur nos plans d’eau depuis une trentaine d’années,  son aire de nidification se situant essentiellement à l’est d’une ligne allant du Danemark à la Grèce jusqu’au Kamchatka. Il est également présent sur le continent américain.

 

Un peu plus petit que le Grèbe huppé, le Grèbe jougris se reconnaît en plumage internuptial à son cou plus court, plus épais et plus sombre et à son bec sombre à base jaune et non pas rose. En plumage nuptial, l’identification est beaucoup plus aisée, l’adulte ayant une calotte noire, les joues et la gorge grises et le cou roux.

Il niche ordinairement sur de petits plans d’eau peu profonds aux berges envahies de roseaux et de buissons de saules. Le nid, une plateforme flottante ancrée à la végétation, accueille 4 œufs à partir de mai. Sur nos lacs artificiels sur lesquels le Grèbe jougris essaie de s’installer, la baisse de niveau en cours de saison affecte le succès de reproduction et cela explique peut-être qu’un couple installé de 2009 à 2014 n’ait réussi à élever que 2 jeunes en 6 ans.

 

Une technique de pêche qui évolue avec l’âge

Bon nageur, comme tous les grèbes, il se nourrit principalement de petits crustacés, d’insectes aquatiques et de leurs larves et de petits poissons. 

La plupart des Grèbes jougris hivernent en mer, dans une bande côtière dont la profondeur n’excède pas 20 mètres. Les oiseaux de première année s’associent souvent aux Macreuses brunes qui fouillent le substrat à la recherche de mollusques et autres proies et consomment essentiellement les vers ainsi délogés. Les adultes, quant à eux,  se nourrissent surtout d’éperlans qu’ils poursuivent sous l’eau et font remonter vers la surface. Cela leur vaut parfois d’être pris dans des filets de pêche, la principale menace pour cette espèce avec développement des activités nautiques, source de dérangement et de destruction de la végétation des berges sur les plans d’eau où il niche. Sa population, de l’ordre de 35.000 couples pour l’Europe et l’Asie, est toutefois globalement stable.

 

                                                                                              Gérard ROLIN

 

 

 

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