Une semaine, une espèce

Paon-du-jour

Paon du jour Date de parution dans le JHM : 23 février 2020

C’est dès les premiers beaux jours de février que le Paon-du-jour (Aglais io) sort de sa torpeur hivernale pour venir butiner les premières fleurs de fin d’hiver et se chauffer au soleil.

Éclos en fin d’été, il a passé plusieurs mois à l ‘abri des intempéries. Facilement reconnaissable à la face supérieure de ses ailes rouge ornée d’ocelles, c’est à dire de faux yeux, destinés à dérouter d’éventuels prédateurs, il est un de nos plus beaux papillons de jour. La face inférieure de ses ailes est noire et lui assure un bon camouflage lorsqu’il les referme. Après avoir repris des forces, il s’accouplera et la femelle pondra de nombreux œufs sur la face inférieure de feuilles d’orties. D’abord vertes, les minuscules chenilles connaîtront un développement rapide et mueront plusieurs fois. Elles deviendront noires ornées de piquants totalement inoffensifs et atteindront la taille de 4 cm en 4 semaines. Il leur faudra alors trouver un support pour s’arrimer tête en bas, à l’aide d’un dispositif semblable au velcro, pour faire leur chrysalide. 2 semaines plus tard, si tout s’est bien passé, après une extraordinaire transformation, un magnifique papillon émergera de cette chrysalide et déploiera ses ailes en une dizaine de minutes. Il lui faudra attendre qu‘elles sèchent pour prendre son envol. Le cycle du Paon-du-jour se fait normalement en 2 générations. Les individus qui hivernent donnent naissance à une première en mai – juin, la seconde éclot normalement en août.

Une espèce en forte régression

Répandu dans toute la France, le Paon-du-jour connaît, comme la plupart de nos espèces de lépidoptères (et d’autres insectes), un déclin très marqué. Chez de nombreuses espèces de papillons, la chenille ne peut se nourrir que d’un nombre limité des plantes, appelées plantes hôtes, voire d’une seule. Notre Paon-du-jour est presque totalement dépendant de l’ortie dioïque qui, malgré ses nombreuses vertus, n’est plus la bienvenue dans la plupart de nos jardins. Les traitements agricoles et le fauchage des bords de routes font le reste. Laisser pousser quelques touffes d’orties dans un coin de son jardin ou de son verger est donc un bon moyen de préserver un peu de cette biodiversité si malmenée dont quelques beaux papillons comme le Paon-du-jour.

Gérard Rolin

 

Le Grèbe jougris (Podiceps grisegena)

 

La famille des grèbes compte 5 espèces en Europe dont 2, les grèbes huppé et castagneux, nichent communément dans notre région. Le Grèbe à cou noir n’y fréquente régulièrement que 2 sites de nidification et le Grèbe jougris, qui nous intéresse aujourd’hui, est chez nous un migrateur peu commun et un hivernant rare et ne se reproduit qu’occasionnellement sur nos plans d’eau depuis une trentaine d’années,  son aire de nidification se situant essentiellement à l’est d’une ligne allant du Danemark à la Grèce jusqu’au Kamchatka. Il est également présent sur le continent américain.

 

Un peu plus petit que le Grèbe huppé, le Grèbe jougris se reconnaît en plumage internuptial à son cou plus court, plus épais et plus sombre et à son bec sombre à base jaune et non pas rose. En plumage nuptial, l’identification est beaucoup plus aisée, l’adulte ayant une calotte noire, les joues et la gorge grises et le cou roux.

Il niche ordinairement sur de petits plans d’eau peu profonds aux berges envahies de roseaux et de buissons de saules. Le nid, une plateforme flottante ancrée à la végétation, accueille 4 œufs à partir de mai. Sur nos lacs artificiels sur lesquels le Grèbe jougris essaie de s’installer, la baisse de niveau en cours de saison affecte le succès de reproduction et cela explique peut-être qu’un couple installé de 2009 à 2014 n’ait réussi à élever que 2 jeunes en 6 ans.

 

Une technique de pêche qui évolue avec l’âge

Bon nageur, comme tous les grèbes, il se nourrit principalement de petits crustacés, d’insectes aquatiques et de leurs larves et de petits poissons. 

La plupart des Grèbes jougris hivernent en mer, dans une bande côtière dont la profondeur n’excède pas 20 mètres. Les oiseaux de première année s’associent souvent aux Macreuses brunes qui fouillent le substrat à la recherche de mollusques et autres proies et consomment essentiellement les vers ainsi délogés. Les adultes, quant à eux,  se nourrissent surtout d’éperlans qu’ils poursuivent sous l’eau et font remonter vers la surface. Cela leur vaut parfois d’être pris dans des filets de pêche, la principale menace pour cette espèce avec développement des activités nautiques, source de dérangement et de destruction de la végétation des berges sur les plans d’eau où il niche. Sa population, de l’ordre de 35.000 couples pour l’Europe et l’Asie, est toutefois globalement stable.

 

                                                                                              Gérard ROLIN

 

 

 

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