Une semaine, une espèce

Grenouille agile

Grenouille agile Date de parution dans le JHM : 22 mars 2020

La Grenouille agile (Rana dalmatina) ressemble à la Grenouille rousse mais en la regardant mieux et avec un peu d’habitude on peut l’identifier assez facilement.

Elle est plus élancée et arbore un museau assez long et pointu. La coloration est moins variable que chez sa cousine. Le dessus du corps est marron clair, parfois un peu rosé. Elle se camoufle parfaitement dans le sous-bois et les feuilles mortes. La face inférieure va du blanc nacré au jaunâtre ou rosâtre. Ses pattes sont plus longues et lui permettent de faire des bonds impressionnants. Mais surtout ne lui étirer pas les pattes pour voir leur longueur et l’identifier… pratique barbare de naturaliste à ne pas reproduire. L’agile est principalement nocturne et forestière, l’élément liquide n’étant recherché que pendant la période de ponte. C’est une espèce de plaine qui ne monte guère en altitude.

"Bip bip !"

C’est en février et début mars que les Grenouilles agiles sortent de leur torpeur hivernale et quittent les bois et forêts pour rejoindre les zones de pontes : Rives d’étangs, mares, fossés, ornières sont alors prises d’assaut. Si les conditions météorologiques sont favorables, la reproduction est explosive et se déroule en peu de temps. On dit souvent que certaines femelles sont capables de faire l’aller-retour dans la nuit une fois les œufs pondus. Le gros de la migration se déroule en quelques jours (ou plutôt nuits). Les mâles restent plus longtemps sur le site de reproduction pour tenter de s’accoupler à nouveau. Ils attendent les femelles au fond de l'eau d'où ils font retentir leur chant : des séries de "vog...vog...vog" ou "plop pop pop" sourds et rapides. Les premières grenouillettes sortiront de l’eau à la mi-juin et trois ans plus tard elles reviendront à leur tour se reproduire.

Christophe Hervé

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Le Grèbe jougris (Podiceps grisegena)

 

La famille des grèbes compte 5 espèces en Europe dont 2, les grèbes huppé et castagneux, nichent communément dans notre région. Le Grèbe à cou noir n’y fréquente régulièrement que 2 sites de nidification et le Grèbe jougris, qui nous intéresse aujourd’hui, est chez nous un migrateur peu commun et un hivernant rare et ne se reproduit qu’occasionnellement sur nos plans d’eau depuis une trentaine d’années,  son aire de nidification se situant essentiellement à l’est d’une ligne allant du Danemark à la Grèce jusqu’au Kamchatka. Il est également présent sur le continent américain.

 

Un peu plus petit que le Grèbe huppé, le Grèbe jougris se reconnaît en plumage internuptial à son cou plus court, plus épais et plus sombre et à son bec sombre à base jaune et non pas rose. En plumage nuptial, l’identification est beaucoup plus aisée, l’adulte ayant une calotte noire, les joues et la gorge grises et le cou roux.

Il niche ordinairement sur de petits plans d’eau peu profonds aux berges envahies de roseaux et de buissons de saules. Le nid, une plateforme flottante ancrée à la végétation, accueille 4 œufs à partir de mai. Sur nos lacs artificiels sur lesquels le Grèbe jougris essaie de s’installer, la baisse de niveau en cours de saison affecte le succès de reproduction et cela explique peut-être qu’un couple installé de 2009 à 2014 n’ait réussi à élever que 2 jeunes en 6 ans.

 

Une technique de pêche qui évolue avec l’âge

Bon nageur, comme tous les grèbes, il se nourrit principalement de petits crustacés, d’insectes aquatiques et de leurs larves et de petits poissons. 

La plupart des Grèbes jougris hivernent en mer, dans une bande côtière dont la profondeur n’excède pas 20 mètres. Les oiseaux de première année s’associent souvent aux Macreuses brunes qui fouillent le substrat à la recherche de mollusques et autres proies et consomment essentiellement les vers ainsi délogés. Les adultes, quant à eux,  se nourrissent surtout d’éperlans qu’ils poursuivent sous l’eau et font remonter vers la surface. Cela leur vaut parfois d’être pris dans des filets de pêche, la principale menace pour cette espèce avec développement des activités nautiques, source de dérangement et de destruction de la végétation des berges sur les plans d’eau où il niche. Sa population, de l’ordre de 35.000 couples pour l’Europe et l’Asie, est toutefois globalement stable.

 

                                                                                              Gérard ROLIN

 

 

 

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