Une semaine, une espèce

Pie bavarde

Pie bavarde Date de parution dans le JHM : 12 avril 2020

La Pie bavarde (Pica pica) fait partie de la famille des corvidés au même titre que le Corbeau freux, la Corneille ou encore le Geai des Chênes.

Les oiseaux composant cette famille présentent des caractéristiques similaires, à savoir : une grande taille (de 40 à 50cm avec la queue), un bec et des pattes robustes. Aisément reconnaissable, elle présente une belle robe tranchée de blanc et de noir irisé de reflets bleutés. C’est un oiseau peu discret et facilement observable. Initialement, la Pie bavarde fréquentait les campagnes ouvertes et arborée. La destruction des haies et des bosquets, la diminution des ressources alimentaires ont engendré un déplacement des populations vers les zones urbanisées et les agglomérations. Elle n’hésite pas à s’aventurer en sautillant au sol dans nos parcs et nos jardins pour y chercher sa nourriture. Son régime alimentaire varie en fonction des saisons et de l’habitat. Il est principalement composé d’insectes, d’escargots, de petits mammifères, de graines, de fruits voire de charognes.

Une mauvaise réputation non fondée

La Pie est également accusée de piller les nids de passereaux. Différentes études ont démontré que cette consommation est très occasionnelle. Au contraire des chats domestiques, elle ne représente pas une menace directe pour les populations de passereaux. On lui prête également des tendances à la kleptomanie. La Pie serait ainsi attirée par les objets brillants qu’elle dérobe pour les entasser dans son nid. D’où l’expression populaire : Voleuse comme une pie ! Là-encore ces allégations ont été réfutées par des études notamment menées par des scientifiques anglais.
Très sociables, les pies vivent toute l’année en couple voire en petits groupes durant la période hivernale. Territoriale au moment de la reproduction, elle installe généralement son nid dans la partie haute d’un arbre plus rarement sur un pylône ou un bâtiment. Relativement volumineux et de construction sommaire, il est garni de terre et surmonté d’un dôme de branchages pour se protéger contre les attaques d’autres corvidés. 5 à 7 œufs y sont déposés et couvés par la femelle durant une vingtaine de jours. Les jeunes quittent le nid à l'âge de 25 à 29 jours.
Toujours classée parmi les espèces gibier, donc chassable, la Pie bavarde n’est plus considérée comme nuisible dans le département de la Haute-Marne.

Étienne Clément

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Le Grèbe jougris (Podiceps grisegena)

 

La famille des grèbes compte 5 espèces en Europe dont 2, les grèbes huppé et castagneux, nichent communément dans notre région. Le Grèbe à cou noir n’y fréquente régulièrement que 2 sites de nidification et le Grèbe jougris, qui nous intéresse aujourd’hui, est chez nous un migrateur peu commun et un hivernant rare et ne se reproduit qu’occasionnellement sur nos plans d’eau depuis une trentaine d’années,  son aire de nidification se situant essentiellement à l’est d’une ligne allant du Danemark à la Grèce jusqu’au Kamchatka. Il est également présent sur le continent américain.

 

Un peu plus petit que le Grèbe huppé, le Grèbe jougris se reconnaît en plumage internuptial à son cou plus court, plus épais et plus sombre et à son bec sombre à base jaune et non pas rose. En plumage nuptial, l’identification est beaucoup plus aisée, l’adulte ayant une calotte noire, les joues et la gorge grises et le cou roux.

Il niche ordinairement sur de petits plans d’eau peu profonds aux berges envahies de roseaux et de buissons de saules. Le nid, une plateforme flottante ancrée à la végétation, accueille 4 œufs à partir de mai. Sur nos lacs artificiels sur lesquels le Grèbe jougris essaie de s’installer, la baisse de niveau en cours de saison affecte le succès de reproduction et cela explique peut-être qu’un couple installé de 2009 à 2014 n’ait réussi à élever que 2 jeunes en 6 ans.

 

Une technique de pêche qui évolue avec l’âge

Bon nageur, comme tous les grèbes, il se nourrit principalement de petits crustacés, d’insectes aquatiques et de leurs larves et de petits poissons. 

La plupart des Grèbes jougris hivernent en mer, dans une bande côtière dont la profondeur n’excède pas 20 mètres. Les oiseaux de première année s’associent souvent aux Macreuses brunes qui fouillent le substrat à la recherche de mollusques et autres proies et consomment essentiellement les vers ainsi délogés. Les adultes, quant à eux,  se nourrissent surtout d’éperlans qu’ils poursuivent sous l’eau et font remonter vers la surface. Cela leur vaut parfois d’être pris dans des filets de pêche, la principale menace pour cette espèce avec développement des activités nautiques, source de dérangement et de destruction de la végétation des berges sur les plans d’eau où il niche. Sa population, de l’ordre de 35.000 couples pour l’Europe et l’Asie, est toutefois globalement stable.

 

                                                                                              Gérard ROLIN

 

 

 

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