Une semaine, une espèce

Triton ponctué

Triton pnctué Date de parution dans le JHM : 26 avril 2020

Il n’est pas rare en fin d‘hiver, lorsque les premiers rayons du soleil réchauffe nos jardins nous donnant l’envie de jardiner, de découvrir ce que beaucoup confondent avec un « petit lézard » sous un pot de fleur ou un tas de feuille.

Ce petit reptile de 7 à 10 cm est en réalité un amphibien qui termine tout simplement son hibernation. Si son dos arbore une couleur de feuille morte marron, il y a de forte chance que vous vous trouviez nez à nez avec un Triton ponctué (Lissotriton vulgaris) ou un Triton palmé. Son ventre dissipera le dernier doute ! On observe des points noirs sur le ventre orangé, c’est le Triton ponctué. Si l’hiver touche à sa fin et que les températures se réchauffent, il est probablement temps pour lui de se réveiller et de rejoindre son site de reproduction (ornière, fossé, mare, rives de lacs ou gravières). Et comme tous les amphibiens, ce périple est très risqué (voitures, prédateurs…).

Dans l’eau je deviens un petit dragon aquatique

Dès que l’eau dépasse les 10° c, les Tritons deviennent actifs. Le mâle se colore, sa morphologie change et sa nageoire caudale s’étend. Des danses aquatiques dignes des plus grands balais débutent ensuite pour séduire les femelles (plus ternes et plus discrètes) qui pondront quelques centaines d’œufs qu’elles dissimuleront sous les feuilles de plantes aquatiques. Quelques semaines plus tard, les premières larves vont éclore et les jeunes tritons sortiront de l’eau dans le courant de l’été afin de débuter une longue phase terrestre jusqu’à leur première reproduction quelques années plus tard. En bordure du lac du Der-Chantecoq, durant les quinze années qu’aura duré l’opération « SOS Grenouilles », les bénévoles de la LPO Champagne-Ardenne récupéraient ainsi tous les ans entre 5000 et 10 000 Tritons ponctués pour les relâcher dans les mares empêchant ainsi une mortalité routière colossale.

Christophe Hervé

Il niche ordinairement sur de petits plans d’eau peu profonds aux berges envahies de roseaux et de buissons de saules. Le nid, une plateforme flottante ancrée à la végétation, accueille 4 œufs à partir de mai. Sur nos lacs artificiels sur lesquels le Grèbe jougris essaie de s’installer, la baisse de niveau en cours de saison affecte le succès de reproduction et cela explique peut-être qu’un couple installé de 2009 à 2014 n’ait réussi à élever que 2 jeunes en 6 ans.

 

Une technique de pêche qui évolue avec l’âge

Bon nageur, comme tous les grèbes, il se nourrit principalement de petits crustacés, d’insectes aquatiques et de leurs larves et de petits poissons. 

La plupart des Grèbes jougris hivernent en mer, dans une bande côtière dont la profondeur n’excède pas 20 mètres. Les oiseaux de première année s’associent souvent aux Macreuses brunes qui fouillent le substrat à la recherche de mollusques et autres proies et consomment essentiellement les vers ainsi délogés. Les adultes, quant à eux,  se nourrissent surtout d’éperlans qu’ils poursuivent sous l’eau et font remonter vers la surface. Cela leur vaut parfois d’être pris dans des filets de pêche, la principale menace pour cette espèce avec développement des activités nautiques, source de dérangement et de destruction de la végétation des berges sur les plans d’eau où il niche. Sa population, de l’ordre de 35.000 couples pour l’Europe et l’Asie, est toutefois globalement stable.

 

                                                                                              Gérard ROLIN

 

 

 Chaque semaine, le magazine dominical du Journal de la Haute-Marne publie une rubrique intitulée « Une semaine, une espèce ». Les articles sont rédigés par la LPO Champagne-Ardenne et BirDer.
 

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