Une semaine, une espèce

Triton alpestre

Triton alpestre Date de parution dans le JHM : 10 mai 2020

Le triton alpestre (Ichthyosaura alpestris) est facilement identifiable car il possède un ventre entièrement orange vif. Le dos des mâles est gris bleuté alors que celui des femelles est sombre, parfois marbré de bleu ou de vert.

Comme les autres tritons (uniquement 4 espèces dans notre région), le mâle se transforme dans l’eau avec une nageoire caudale qui se développe rapidement et des couleurs de plus en plus éclatantes. Il est alors en phase aquatique et n’hésite pas à se déplacer et se nourrir parfois en plein jour. Les tritons sont des bons nageurs qui peuvent passer plusieurs minutes sous l’eau en captant le dioxygène dissous à travers leur peau devenue plus perméable. Ils effectuent également de fréquents et brefs aller-retour à la surface pour respirer à l'air libre.

Mais pourquoi donc alpestre ?

C’est probablement sa capacité à monter à 2500/3000 m d’altitude qui lui vaut cette dénomination. Mais il se trouve également dans les ornières et mares de nos plaines si les milieux forestiers sont à proximité. C’est bien en forêt qu’il passe la majeure partie de sa vie (phase terrestre), habitat qu’il ne quitte que pour se reproduire dès le mois de février car ce magnifique triton n’est pas frileux. Durant son hibernation, il se cache sous des tas de bois, dans des trous de rongeur, sous des pierres ou de vielles souches. Il reviendra en forêt une fois sa reproduction achevée. Il devient alors très difficile à observer ne sortant que la nuit, avec une nette préférence pour les soirées humides. Trouver un triton d’une dizaine de centimètres dans un sous-bois la nuit est alors un exercice périlleux.

Christophe Hervé

Il niche ordinairement sur de petits plans d’eau peu profonds aux berges envahies de roseaux et de buissons de saules. Le nid, une plateforme flottante ancrée à la végétation, accueille 4 œufs à partir de mai. Sur nos lacs artificiels sur lesquels le Grèbe jougris essaie de s’installer, la baisse de niveau en cours de saison affecte le succès de reproduction et cela explique peut-être qu’un couple installé de 2009 à 2014 n’ait réussi à élever que 2 jeunes en 6 ans.

 

Une technique de pêche qui évolue avec l’âge

Bon nageur, comme tous les grèbes, il se nourrit principalement de petits crustacés, d’insectes aquatiques et de leurs larves et de petits poissons. 

La plupart des Grèbes jougris hivernent en mer, dans une bande côtière dont la profondeur n’excède pas 20 mètres. Les oiseaux de première année s’associent souvent aux Macreuses brunes qui fouillent le substrat à la recherche de mollusques et autres proies et consomment essentiellement les vers ainsi délogés. Les adultes, quant à eux,  se nourrissent surtout d’éperlans qu’ils poursuivent sous l’eau et font remonter vers la surface. Cela leur vaut parfois d’être pris dans des filets de pêche, la principale menace pour cette espèce avec développement des activités nautiques, source de dérangement et de destruction de la végétation des berges sur les plans d’eau où il niche. Sa population, de l’ordre de 35.000 couples pour l’Europe et l’Asie, est toutefois globalement stable.

 

                                                                                              Gérard ROLIN

 

 

 Chaque semaine, le magazine dominical du Journal de la Haute-Marne publie une rubrique intitulée « Une semaine, une espèce ». Les articles sont rédigés par la LPO Champagne-Ardenne et BirDer.
 

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