Une semaine, une espèce

Hanneton commun

Haneton commun Date de parution dans le JHM : 3 mai 2020

Le Hanneton commun (Melolontha melolontha) est un insecte coléoptère de la famille des scarabeidae. Long de 25 mm environ, cette grande espèce se reconnaît facilement à ses élytres brun-roux, son abdomen noir orné, de chaque côté, d’une ligne de triangles blancs et ses antennes qui comportent 6 ou 7 lamelles.


Il présente la particularité de se développer très lentement puisqu’il met 4 ans à atteindre le stade adulte. Ce n’est néanmoins pas un record, une cigale américaine met 17 ans pour atteindre ce stade et certains coléoptères ont un stade larvaire qui dure 30 ans ! La femelle pond ses œufs dans le sol à environ 10 à 15 cm de profondeur. Les larves se nourrissent de racines et passent 3 ans sous terre pour atteindre la taille de 35 mm environ, se nourrissant près de la surface et hivernant en profondeur, de 50 cm la 1ère année à 1 mètre la 3ème. La nymphose a lieu en juillet de la 3ème année et les adultes sont formés en août mais n’émergent qu’en avril-mai de l’année suivante.
Ils se nourrissent des feuilles de différentes essences d’arbres et les femelles sont aptes à la reproduction 1 à 2 semaines après leur «émergence ».

Un déclin spectaculaire


Comme son nom l’indique, le Hanneton commun était autrefois un insecte abondant, au point que des séances de collecte appelées « hannetonnages » étaient organisées et mettaient à contribution les adultes mais aussi les enfants des écoles, moyennant rétribution. C’est ainsi qu’en 1888, les élèves d’une école de la Mayenne ont « récolté » plus de 53 tonnes de hannetons communs soit plus de 60 millions d’individus ! Cette pratique a été étendue à toute la France à partir de 1889, cet insecte étant à l’origine d’importants dégâts aux cultures et aux vergers. Le Hanneton commun occupait une place écologique très importante, étant la proie de très nombreuses espèces d’oiseaux mais aussi d’une multitude d’autres animaux : crapauds, couleuvres, hérissons, chauves-souris, sangliers, blaireaux et même renards. Depuis les années 1950, les insecticides (organochlorés notamment), la mécanisation et la modernisation des techniques agricoles ainsi que l’arrachage des haies ont eu raison de cet insecte qui a été presque totalement éradiqué de certaines régions, privant tous ces prédateurs d’une précieuse ressource alimentaire en pleine période de reproduction.

Gérard Rolin

 

 Chaque semaine, le magazine dominical du Journal de la Haute-Marne publie une rubrique intitulée « Une semaine, une espèce ». Les articles sont rédigés par la LPO Champagne-Ardenne et BirDer.
 

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