Une semaine, une espèce

Huppe fasciée

huppe fasciee1140516 fabrice crosetDate de parution dans le JHM : 8 mai 2016

« Oup oup oup, oup oup oup… », dès les premiers jours d’avril, le mâle de la Huppe fasciée (Upua epops) signale inlassablement sa présence sur un site qui lui semble favorable pour nicher.

Ce n’est que lorsqu’une femelle de passage se laissera séduire que le nouveau couple choisira l’emplacement du nid, généralement un trou dans un arbre ou dans un mur, dans un secteur riche en gros insectes qui constituent l’essentiel de son alimentation. Cet oiseau semblable à aucun autre est donc particulièrement sensible aux dégradations de son habitat : destruction des haies et des arbres morts, disparition des insectes…

A peu près de la taille d’un merle, la Huppe fasciée se reconnaît au premier coup d’œil : long bec incurvé,  plumage beige orangé avec de large bandes noires et blanches sur les ailes qui lui ont valu son qualificatif de fasciée, et longue huppe érectile la distinguent de tous les autres oiseaux.

La femelle pond et couve seule de 5 à 8 œufs en moyenne, le mâle s’occupant de la nourrir. Les 2 parents s’occupent du ravitaillement, des jeunes apportant jusqu’à 80 fois par jour de quoi faire passer leur poids de 3 à 75 grammes en 20 jours !

Un nid malodorant

Si le nid de la Huppe a la réputation de sentir très mauvais, ce n’est pourtant pas parce que la femelle ne s’en occupe pas. Malgré tous ses efforts pour évacuer les déjections de sa nichée, elle ne peut débarrasser le nid de ce qui est projeté sur l’arrière de la cavité. De plus, la femelle et ses jeunes ont une arme anti-prédateurs très particulière. Leur glande uropygienne produit un fluide qui sent la charogne et qui peut être émis en cas d’attaque. Les poussins peuvent aussi  asperger l’assaillant de copieux jets de matières fécales et cloacales en visant l’entrée du nid et émettre des sifflements  rappelant ceux de serpents.

En déclin dans de nombreux pays d’Europe, la Huppe fasciée est protégée en France.

Elle est visible dans notre région jusqu’à son départ pour l’Afrique en août-septembre. Un oiseau remarquable à découvrir lors d’une sortie de printemps ou d’été.                                                                                            

Gérard Rolin

 

 

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