Une semaine, une espèce

Courlis cendré

Courlis cendréDate de parution dans le JHM : 18 septembre 2016

Comme le loriot et le coucou, le courlis doit son nom à son cri. Son qualificatif de « cendré » vient de sa couleur mais son plumage est en réalité brunâtre moucheté et strié et non gris, ce qui lui confère un bon camouflage, que ce soit en bord de mer, sur les vasières ou même dans les champs où il se nourrit, fouillant la vase ou le sol meuble de son long bec à la recherche de vers et de mollusques. Il consomme également des crabes, de petits vertébrés (rongeurs, poissons et même occasionnellement oisillons) ainsi que des baies.

Pouvant atteindre 60 cm de long et 1 mètre d’envergure, le Courlis cendré est le plus grand limicole d’Europe. Facilement reconnaissable à son très long bec arqué (jusqu’à 19 cm chez la femelle), il ne peut guère être confondu, en période de migration, qu’avec son cousin le Courlis corlieu, lequel est un oiseau de passage beaucoup plus rare dans notre région.

Une espèce en net déclin en France

Oiseau méfiant et donc sensible au dérangement, le Courlis cendré Numenius arquatus niche au sol, essentiellement dans les prairies herbeuses et, plus au nord,  les landes et les tourbières forestières. L’intensification de l’agriculture, la conversion des prairies en cultures et les fauches précoces sont quelques uns des facteurs de sa régression sur les zones de reproduction et il souffre localement de la pollution des mers et d’une chasse excessive sur ses sites d’hivernage. La population nicheuse française, en net déclin, est d’environ 1500 couples et très peu d’oiseaux nichent encore en Champagne. Le nombre d’ hivernants diminue également.

Il est donc plus facile de l’observer en migration, laquelle commence, après la reproduction, dès le mois de juin, et en hivernage, le climat globalement plutôt clément de notre région lui permettant généralement de rester sur nos grands lacs, ou lorsque le gros des effectifs, parti passer l’hiver sur le bassin méditerranéen et jusqu’en Mauritanie, fait une halte au printemps avant de regagner ses lieux de reproduction.

Gérard Rolin

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