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Cette semaine sur le Der : le Busard des roseaux

Busard des roseaux par C. ThomassonLe Busard des roseaux est un rapace typique des milieux humides. Cet oiseau se reproduit principalement dans les roselières qui bordent les plans d’eau. La Champagne humide accueille une cinquantaine de couples. C’est un migrateur passant l’hiver dans les régions plus chaudes de la péninsule Ibérique et de l’Afrique. A cette époque de l’année, la migration a débuté en France. On peut espérer voir les premiers individus de retour dans notre région. C’est le moment d’aller visiter les observatoires des étangs d’Outines et d’Arrigny ! 
Les populations de Busards des roseaux ont chuté de 15 % dans les années 80. Aujourd’hui, l’espèce reste vulnérable en Champagne-Ardenne mais aussi en France du fait de ses faibles effectifs et de sa dépendance vis-à-vis des roselières en bon état de conservation.

 

Extrait de l'atlas des oiseaux de Champagne-Ardenne

"Le Busard des roseaux dispose d’une vaste aire de répartition. L’espèce occupe toute l’Europe jusqu’en Asie centrale. En France, les dernières estimations donnent entre 1 600 et 2 200 couples nicheurs répartis entre la Camargue, le littoral atlantique et les grandes zones humides continentales (Lorraine, Dombes, Brenne).

Rare et localisé

Moins étudié que les busards « gris », le Busard des roseaux ne passe pas inaperçu pour autant et les données de reproduction sont historiquement assez fiables. Les enquêtes de 1970 et 1985 donnaient un effectif de 80 à 90 couples nicheurs dans la région. Celle de 2000-2002 donnait une estimation de 50-80 couples qui semble toujours d’actualité, au moins dans sa valeur basse. Cette stabilité relative ne doit pas faire oublier que le Busard des roseaux a décliné de 15 % en Champagne-Ardenne dans les années 1980. Le principal noyau de population, environ 50 couples, est localisé aux roselières des étangs de Champagne humide alors qu’une vingtaine de couples se reproduit dans les marais alcalins des vallées de Champagne crayeuse. La roselière ne constitue qu’un support de nidification dont la taille peut être modeste, quelques centaines de mètres carrés suffisent. En effet, les oiseaux ne chassent pas que dans les milieux humides, ils exploitent large- ment les champs cultivés des grandes plaines céréalières attenantes où certains d’entre eux (environ 20 %) édifient même leur nid. Les étangs de l’ouest marnais (Brie champenoise) sont peu fréquentés vu le nombre de données collectées au cours de l’enquête : seulement 2 sites ont accueilli la reproduction de l’espèce. Les autres étangs ou lacs loin des zones de nidification connues ne sont pas occupés.

Une nidification tardive

Les premiers oiseaux de passage sont observés dès la mi-mars et leur plumage souvent immature ne facilite pas la détermination de leur statut. La nidification, qui débute en général fin avril, peut aussi être très tardive. Certaines pontes sont trouvées fin juin, ce qui en milieu céréalier ne permet pas aux adultes d’élever leurs jeunes sans mise en protection du nid (moisson trop précoce). Sur 356 nichées répertoriées entre 1971 et 2002, 2,06 jeunes sont parvenus à l’envol pour la plupart dans le courant du mois de juillet. La famille reste unie pendant encore quelques semaines, le temps que les juvéniles acquièrent leur indépendance. Il est alors possible de voir les spectaculaires passages de proie en vol quand les adultes nourrissent leur progéniture. Régulièrement constatée chez cette espèce sur les sites à forte densité, la polygynie est cependant rare en Champagne-Ardenne. Elle a été relevée en 2015 sur les étangs d’Outines-51 où 1 mâle s’était apparié avec 2 femelles au cours d’une année favorable avec pas moins de 7 couples nicheurs sur les trois étangs. À partir de la mi-août, les reproducteurs d’Europe du Nord et de l’Est commencent à transiter par notre région. Les observations sont les plus nombreuses en septembre et se raréfient progressivement en octobre. Si les contacts de novembre ne sont pas exceptionnels, ceux de décembre et janvier le sont beaucoup plus. Seuls deux séjours prolongés hivernaux sont connus en Champagne- Ardenne, lors de l’hiver 2012-2013 et en janvier 2015, à chaque fois des individus de premier hiver sur l’étang de Belval-en- Argonne-51. À cette période de l’année, la plupart des Busards des roseaux ont rejoint le littoral français, la péninsule Ibérique ou l’Afrique. Ce continent est d’ailleurs probablement privilégié par les oiseaux champenois, comme le laissent penser deux reprises en octobre d’individus nés dans la Marne : l’un au Maroc, l’autre à l’extrême sud de l’Espagne, ce dernier ayant atteint l’âge vénérable de 14 ans. [...]"

 

 

 

 

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