Dès la fin février, et principalement lors des premiers redoux de mars, une douce mélodie se fait entendre sur les coteaux ensoleillés qui proposent encore quelques pelouses sèches.
Les "lullulullu" et "duliduli" sont sans appel : le printemps arrive et l’Alouette lulu (Lullula arborea) désire que ça se sache. Les chanteurs vocalisent de préférence par journée ensoleillée mais ce sont également des mélomanes nocturnes lors des nuits claires et dégagées. L'Alouette lulu ressemble à sa cousine des champs, mais elle est légèrement plus petite, sa queue est plus courte et son plumage plus roux. Sur la tête, un sourcil marqué clair permet de lever les derniers doutes durant une identification visuelle.
Des populations méconnues
Nos populations nicheuses sont principalement localisées sur les plateaux et coteaux calcaires de Haute- Marne et de l’Aube : Barrois et Haute-Marne méridionale en particulier. Longtemps confinées aux pelouses sèches (où ses populations suivent la raréfaction de cet habitat), elle a en revanche recolonisé une bonne partie du vignoble suite à l’enherbement imposé des tournières et l’évolution positive des pratiques culturales (enherbement des rangs de vigne, limitation des insecticides et des herbicides) sur certains coteaux. Le nid, fait d’herbes sèches, est installé au sol dans une strate herbeuse comportant des zones nues. L’Alouette lulu peut effectuer 2, voire 3 pontes, des familles pouvant être observées jusqu’en août.
Christophe Hervé